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Affecté pour réparation dans les ateliers de l’ETO : l’autocar de la commune d’Arzew attend toujours son vilebrequin

L’autocar appartenant à la commune d’Arzew, acheminé vers les unités techniques de l’Entreprise du Transport d’Oran ETO à des fins de réparation, demeure toujours immobilisé à ce jour, et ce, pour une histoire de vilebrequin apprend-on de sources sûres.

Selon nos informations, l’autocar en question qui coûte plusieurs millions de dinars, serait immobilisé niveau du parking de l’ETO Es Senia pour y être réparé, mais sa remise en l’état tarde à se concrétiser, et ce, en dépit d’un besoin crucial en matière de transport collectif ressenti localement à Arzew surtout par le personnel municipal et le mouvement associatif qui en ont tant besoin.
Pour en savoir plus sur ce sujet, nous avons contacté une source communale.
Celle-ci, nous a révélé, tout en requérant l’anonymat, que le transfert de l’autocar en question en plus d’autres engins roulants appartenant à la municipalité aurait été décidé et avait eu lieu en 2018 et ce conformément à une convention paraphée entre l’ETO et la collectivité locale d’Arzew.
Les deux parties s’étaient mises d’accord pour se venir mutuellement en aide, a ajouté notre source.
Pour sa part et, conformément à cette entente, l’ETO devra oeuvrer à la remise en marche des engins biens appartenant à la commune qui lui seraient transférés, en contrepartie, les autobus de cette entreprise étatique de transport en circulation au niveau du tissu urbain du Grand Arzew bénéficieront du droit de stationnement dans l’enceinte du garage de la commune concernée situé au niveau du quartier Mohamed Bouras (ex- Tourville) à Arzew-ville. «Telles sont les clauses du dit protocole d’accord » a soutenu notre source.
Cela dit, la deuxième partie de notre enquête pour rechercher les traces de cet autocar très prisé fût donc, l’ETO.
Nous nous rendîmes au niveau de la zone industrielle d’Es Sénia, où est localisé le grand garage de l’Entreprise de Transport d’Oran.
D’emblée, nous avons posé la question au directeur général de ladite entreprise de transport de wilaya d’Oran: «Abritez-vous à l’intérieur de vos locaux un autocar appartenant à la commune d’Arzew?».
La réponse de notre interlocuteur fut affirmative et catégorique: «Oui, l’autocar en question est garé au niveau de notre parking et cela dure depuis des années. Je vous accorde l’autorisation de le constater par vous-même et de surcroît quelqu’un va vous accompagner », dira le directeur général de l’ETO, lequel, confie cette mission de nous accompagner à l’un de ses subordonnés.
Notre vis-à-vis nous accompagna alors au lieu où est garé l’autocar en question.
Ceci étant, dans l’un des coins du grand parking de l’ETO, nous avions pu voir enfin de si près, l’engin de transport de voyageurs objet de nos investigations.
L’autocar climatisé était bien là devant nous, comportant le sigle de la municipalité d’Arzew à savoir : « Portus Magnus » en référence à l’Antique port Romain de la région.
Il s’agit, en fait, d’un autocar de grande dimension, de marque asiatique (Hyundai) et d’une belle couleur vive bleue, lequel, n’a pas tout l’apparence d’un vieux car, car détenant seulement 11ans de circulation, jusqu’à son immobilisation pour panne en 2018.
La plaque d’immatriculation comportant le numéro 00669 407 31 faisant foi et prouve que cette autocar avait été acquis et mis en circulation durant l’année 2007.
Inutile de rappeler dans ce contexte que, un autocar de cette dimension issu de l’industrie asiatique, onze années de loyaux services n’influenceraient en rien sa robustesse.
Inutile de rappeler également que, en ce moment des autocars qui ont plus de 20 ans de services continuent de sillonner le grand désert algérien et sous toutes les conditions atmosphériques.
Alors qu’en est-il pour cet autocar dont l’allure est neuve? A cette question, notre accompagnateur ira tente d’éclairer notre lanterne: « nos mécaniciens ont détecté la défectuosité du vilebrequin. Cette pièce coûte 800.000 DA (80 millions de centimes). Nous nous cessons de demander à la commune d’Arzew d’acheter le vilebrequin désiré pour que nous puissions l’insérer dans le dispositif mécanique du moteur toujours valide. Ainsi, la commune d’Arzew récupéra son autocar en marche et l’ETO recouvra un espace de plus à l’intérieur de son parc».
Et d’ajouter: « dans le cas contraire, nous lançons un ultime appel en direction des responsables de la collectivité locale d’Arzew pour qu’ils viennent enlever leur autocar à l’aide d’une dépanneuse. Nous ne pouvons garder leur engin en panne plus longtemps et assurer son gardiennage », déclare l’un des collaborateurs du DG de l’ETO.
Cela dit, ce moyen de transport de voyageur de luxe grâce à l’argent des contribuables d’Arzew et qui aurait coûté quelque 12 millions de dinars à l’époque (2007), «croupit » actuellement dans le parking à l’air libre de l’ETO subissant les affres des intempéries et l’usure et la rouille.
Un activiste du mouvement associatif local nous révèle en ce sens que cet autocar a rendu des services louables à la communauté d’Arzew.
Ce moyen de transport de voyageurs était utilisé par le club phare de football l’Olympic Moustakbel Arzew (OMA) qui jouait en division nationale 2 et ce lors de ses longs déplacements vers les différents régions du pays les plus éloignés.
« C’est un autocar de luxe pour les longs trajets, doté de climatiseur et d’une télé-vidéo. Il a été acheté par la commune d’Arzew spécialement pour le mettre au service de l’équipe de l’OMA. Le même autocar était utilisé également durant la semaine par certaines associations et autres déplacements des écoliers durant les événements scolaires. Ce fût un investissement de valeur effectué par l’APC de l’époque. «Pourquoi donc laisser ce bien collectif moisir, alors que cet engin pourrait servir encore et d’avantage la collectivité?», s’interroge le militant associatif.
Et puis 80 millions de centimes, représentant le prix de son vilebrequin, ne valent absolument rien en comparaison avec le prix de l’autocar lui-même et les salaires octroyés à ses chauffeurs et les coûts de gardiennage et surtout des services que cet engin pourrait offrir encore à la collectivité.
Notons enfin que nous avons contacté le P/APC M. Belkhir Djilali qui nous a précisé que la commune va engager une procédure pour récupérer son véhicule et «engager des travaux de réparation, probablement dans les ateliers de la commune’, a-t-il indiqué.
Aribi Mokhtar

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