
Quelle est la disposition légale qui permet au maire de Boutlélis de rester en poste, malgré son implication dans une affaire de mœurs ? C’est la question que se pose la population de cette localité située au sud-ouest du chef-lieu de la wilaya d’Oran.
Pourtant la loi votée le 3 juillet 2011, dans son article 43, est claire dans le sens où elle affirme que tout élu faisant l’objet de poursuite en justice doit être suspendu, à titre conservatoire, jusqu’à son acquittement par le tribunal territorialement compétent.
Dans les faits, cet élu qui devait comparaitre le 3 janvier dernier a vu son procès reporté par le tribunal de Gdyel, au 24 du mois en cours.
Il est placé sous contrôle judiciaire et cela ne l’a pas empêché de poursuivre son mandat de premier magistrat de la localité, puisqu’il continue d’officier les cérémonies de signature d’actes de mariages et continue d’assumer son statut d’officier de l’état-civil.
C’est contraire à l’esprit de la loi, qui précise qu’il doit se mettre en retrait des affaires de la commune jusqu’à son probable acquittement par la justice.
Il faut rappeler dans ce cadre que ce maire est poursuivi sur la base d’une plainte déposée par une justiciable, qui l’accuse de l’avoir harcelée et abusé d’elle.
Curieusement, Boutlélis est une localité qui semble avoir été desservie par plusieurs des maires qui s’y sont succédé.
En effet, le prédécesseur de l’actuel premier magistrat purge actuellement une peine de trois ans de prison ferme prononcée à son encontre par le tribunal d’Arzew, pour passation de marché contraire à la réglementation.
Un autre a purgé lui aussi une peine de prison pour malversation et mauvaise gestion des affaires de la commune.
«Les services en charge de la réglementation sont interpellés pour agir dans le sens du respect de la loi, car on ne peut pas être maire sous le coup de poursuites judiciaires, et garder son statut et tous ses avantages », affirment des habitants de la localité.
Et en attendant la plaignante vit des moments difficiles elle qui souffre d’une grave maladie et qui a vu son foyer et toute son existence bouleversés par l’affaire qui sera jugée le 24 janvier prochain.
Nassim B


