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Secteur de l’automobile : pénurie et flambée des prix des pièces de rechange

Plusieurs automobilistes se plaignent du manque de pièces de rechange automobile à Oran.

«Je n’arrive pas à trouver un alternateur pour ma voiture, une Hyundai Accent», témoigne un automobiliste rencontré aux Castors, quartier réputé comme le fief de la pièce automobile à Oran.
«Cette pénurie fait le lit de la contrefaçon qui prolifère. Beaucoup de pièces détachées qui circulent sur le marché actuellement sont contrefaites. Ce qui est un danger, car les pièces de mauvaise qualité peuvent être à l’origine d’accidents de la route», poursuit notre interlocuteur.
Des pièces en rapport avec l’électricité, comme les dynamos, les déclencheurs, les ampoules, les appareils clignotants et autres électrovannes se font de plus en plus rares.
C’est aussi le cas des cardans, des crémaillères, des suspensions et des boîtes de vitesse.
Première conséquence de cette rareté des pièces de rechange: les prix flambent.
«Les plaquettes de frein pour la Renault Clio coûtent 7500 dinars, soit le triple de leur prix il y a quelques mois. Les prix atteignent parfois le quadruple de leur coût il y a quelques mois. Un démarreur pour Ibiza dépasse allègrement les 25.000 dinars. Cette flambée est due au manque de pièces de rechange qui dure plusieurs mois», affirme un commerçant qui gère un magasin dans ce quartier.
Les pièces de rechange automobile font l’objet de restrictions opérées sur les importations de produits destinés à la revente en l’état.
En avril 2022, le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations a instauré une nouvelle mesure dans le domaine de l’importation de matières premières, de produits et de marchandises destinés à la revente en l’état, en lançant une plateforme électronique du produit national.
Cette plateforme permet de s’assurer de la non-disponibilité des matières et des produits à importer, sur le marché algérien.
Les opérateurs activant dans le domaine de l’importation pour la revente en l’état, sont tenus d’introduire une demande via un lien électronique pour avoir un document remis par les services de l’Agence nationale de la promotion du commerce extérieur (ALGEX), à joindre au dossier de demande de domiciliation bancaire, afin de pouvoir accomplir les procédures d’importation.
Plusieurs acteurs économiques ont relevé des insuffisances de cette plateforme.
«Les directives relatives à la nécessité de la rationalisation des importations ont été mal interprétées. Les restrictions sur les importations doivent viser la protection de la production algérienne. Toutefois, sur le terrain, il y a un grand écart dans l’application des directives», souligne un distributeur de pièces de rechange automobile.
Selon ce dernier, «le but final doit être focalisé sur la nécessité de la protection de la production nationale.
Pourtant, il y a des produits qui ne sont pas produits localement et qui font l’objet d’une interdiction d’importation, ce qui n’a aucun sens»,
déplore-t-il.
«Des pièces de rechange automobile qui ne sont pas produites localement sont interdites d’importation.
Ceci a généré une pénurie»
, se désole-t-il.
Dans un tel contexte marqué par une raréfaction des pièces neuves, les pièces d’occasion sont prisées par les automobilistes.
D’ailleurs, les mécaniciens ont plus tendance à conseiller de les préférer plutôt que les pièces neuves contrefaites.
C’est ainsi la ruée vers les vendeurs des pièces d’occasion.
Les pièces neuves ont tendance à être difficiles à trouver, ce qui les rend très chères.
Ilyès N

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