
Face à la sécheresse marquée par une très faible pluviométrie, Oran ne peut pas compter sur les eaux superficielles des barrages qui l’alimentent.
A l’Est de la wilaya, la deuxième ville du pays reçoit les eaux des barrages du Chelif (100 000 m3/ jour), Karrada et Gargar.
«Le taux de remplissage de ces trois barrages ne dépasse pas actuellement les 21%», selon un responsable de la SEOR.
Le manque de précipitations a réduit les niveaux d’eau dans les barrages à de très faibles taux.
Du côté Ouest, le barrage Boughrara alimente à la fois Tlemcen, Aïn Témouchent (4000m3/j) et Oran (7000m3/j) est aussi faiblement rempli.
Face à la sécheresse qui génère un faible taux de remplissage des barrages, les pouvoirs publics ont eu recours à la solution coûteuse mais nécessaire du dessalement d’eau de mer.
Oran est alimentée par les eaux non conventionnelles, autrement dit l’eau issue des stations de dessalement d’eau de mer.
La station d’El Mactaa alimente Oran (240 000 m3/j) et Mascara (100 000 m3/j).
La station Kahrama permet, quant à elle, un apport de 60 000 m3/j destinés à Oran et 25000 m3 sont acheminés vers la zone industrielle.
Dans la zone Ouest, Oran reçoit 100 000 m3/j de la station de dessalement d’eau de mer de Béni Saf qui alimente également Aïn Témouchent.
La station de déminéralisation de Brédéah permet quant à elle un apport de 17 000 m3/j.
Oran puise, par ailleurs, de modestes quantités d’eau des forages qui ne dépassent pas les 15 000m3/ j.
L’entrée en service de la station de dessalement d’eau de mer de Cap Blanc, est attendue en 2024.
Alors que les besoins en eau sont estimés à plus de 600 000 m3/j, la wilaya d’Oran qui compte plus de deux millions d’habitants, n’est actuellement alimentée que par 530 000 m3 d’eau par jour.
«L’entrée en service de la station de dessalement qui est en chantier à Cap blanc permettra à tous les oranais un accès à l’eau 24 heures sur 24. Cette station permettra un apport supplémentaire de 280 000m3 d’eau par jour», affirme le même responsable de la SEOR.
Sur cet apport, 50 000 m3 d’eau vont alimenter la Daïra d’Aïn El Turck dont les foyers souffrent actuellement d’un manque d’eau alors que 230 000 M3 vont alimenter le grand Oran, (dont notamment le nouveau pôle urbain Ahmed Zabana, Boutlélis, Misserghine, El Hassi, Murdjadjo…).
«Dès la mise en service de la station de dessalement de Cap Blanc, il n’y aura plus de restrictions.
Nous allons retourner à la situation d’autosuffisance ayant prévalu en 2012. Il y aura un excédent qui permettra de desservir l’Est de la wilaya et on pourrait même alimenter les wilayas de Mascara et de Sidi Bel Abbès», indique le même responsable de la SEOR.
La grande zone intramuros du grand Oran consomme 70% des apports en eau.
Le transfert des eaux dit «MAO» permet par ailleurs un apport de 10 000 m3 par jour.
Malgré tous ces apports hydriques, Oran à l’instar de tout le pays, fait face aux problèmes chroniques des branchements illicites et des déperditions d’eau du réseau souterrain.
Le rendement d’adduction ne dépasse pas les 50 %.
Ilyès N


