
Après des semaines de paralysie politique, le président Emmanuel Macron a nommé Premier ministre Michel Barnier, membre des Républicains.
Il aura fallu 60 jours à Emmanuel Macron pour nommer un nouveau Premier ministre. Alors que la coalition de partis de gauche, le Nouveau Front populaire, est arrivée en tête des élections législatives le 7 juillet, le président de la République a finalement décidé, le 5 septembre, de placer à Matignon un membre du parti Les Républicains (LR) : Michel Barnier. Et ce, alors que ce parti est arrivé en quatrième position du scrutin, avec seulement 47 sièges (sur 577) à l’Assemblée nationale.
Le Nouveau Front populaire (193 députés) avait pourtant demandé à Emmanuel Macron, à partir du 23 juillet, de nommer la haute fonctionnaire Lucie Castets à Matignon. Après avoir ignoré cette proposition pendant des semaines, le chef de l’État l’avait reçue à l’Élysée, accompagnée de représentants de la formation de gauche, le 23 août. Mais il ne l’a jamais retenue, préférant évoquer différentes personnalités, de Bernard Cazeneuve (Premier ministre de 2016 à 2017, ancien membre du Parti socialiste) à Xavier Bertrand (président de la région Hauts-de-France, adhérent des Républicains). C’est donc finalement Michel Barnier qu’Emmanuel Macron a chargé de « constituer un gouvernement de rassemblement au service du pays et des Français ».
« Cette nomination intervient après un cycle inédit de consultations au cours duquel, conformément à son devoir constitutionnel, le président s’est assuré que le Premier ministre et le gouvernement à venir réuniraient les conditions pour être les plus stables possibles et se donner les chances de rassembler le plus largement », a fait savoir l’Élysée dans un communiqué de presse.
Un ancien ministre de l’Environnement sous Mitterrand
L’homme de 73 ans est une figure des Républicains. Il a été député de 1978 à 1993, sénateur de 1997 à 1999 et député européen de 2009 à 2010. Il a également été plusieurs fois ministre : Environnement de 1993 à 1995 (sous François Mitterrand), Affaires européennes de 1995 à 1997 (sous Jacques Chirac), Affaires étrangères de 2004 à 2005 (encore sous Jacques Chirac) et Agriculture de 2007 à 2009 (sous Nicolas Sarkozy). Il a été négociateur de l’Union européenne lors du Brexit (le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne).
« De qui se moque-t-on ? C’est un vrai scandale », a réagi Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, dans une vidéo postée sur le réseau social X, affirmant que le chef de l’État refusait de reconnaître le résultat des élections législatives. « Ce déni de démocratie est insupportable. Nous censurerons ce gouvernement », a également prévenu Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, dans un tweet.


