
D’aucuns estiment que circuler à l’intérieur du tissu urbain du chef-lieu de Wilaya est un vrai casse tête. Et pour cause, le plan de circulation actuel est totalement dépassé au regard de l’évolution socioéconomique de la wilaya.
Le centre-ville s’est transformé en un immense bazar commercial à ciel ouvert. On ne trouve plus de maison habitée avec des fenêtres donnant sur les artères. Le moindre couloir devient un local commercial. Jusqu’aux trottoirs qui sont pris d’assaut. Une frénésie accentuée par un nombre croissant de véhicules motos et trotinettes électriques. Postez-vous aux heures de pointe du côté de la place Belaid Hasnia ou de la place Karguenta. Allez flâner sur le boulevard de la Révolution, des rues Émir Abdelkader, Pasteur et Marni Sandid Fatna. Passez par la mosquée Sayida Khadidja et virez par le siège de la Daira et vous serez édifiés quand au niveau de saturation atteint par la ville. Nous vous faisons grâce des nombreux nids de poule qui jallonnent les ruelles notamment sur les tronçons de l’avenue Larbi Ben M’hidi et Chouiref Salah.
Alors, au milieu de ce décor dantesque on n’a pas trouvé mieux que de planter une plaque de sens interdit à l’entrée d’un segment de rue débouchant sur l’entrée du marché de poisson et le centre Moumtaz. Ce faisant, le ou les initiateurs de cette décision pensent ainsi alléger la circulation dans ce périmètre squatté par les revendeurs de l’informel.
En fait ils ont tout simplement fermé l’accès de la ville aux automobilistes de la partie Sud englobant les résidents de la cité des 411 et Djawhara. Impossible donc de rallier le coeur battant de la cité situé autour du marché couvert en empruntant la rue Ali Ben Mohamed puisqu’un second sens interdit existe à l’intersection avec la rue Embarek Boucif. Il faudra contourner par le Boulevard de la révolution constamment engorgé et bifurquer par la rue Émir Abdelkader pour atteindre le marché.
Le poids de la circulation est dans ce cas de figure soutenu par les rues adjacentes. On a soulagé le tronçon menant aux poissonniers pour transférer la pression sur les rues Ibn Khaldoun à hauteur du secteur militaire et du centre commercial Zahaf et sur le Boulevard de la Révolution déjà congestionné. Voilà les désagréments engendrés par la pose d’une simple plaque de sens interdit. Si le fait de rajouter du mobilier urbain pour tenter de solutionner des problèmes de mobilité équivaut à un plan de circulation on n’est pas encore sorti de l’auberge. Car un vrai plan de circulation est basé sur une étude à laquelle sont associés les représentants de divers secteurs et des membres de la société civile.
Une étude prospective et technique qui interpelle plusieurs acteurs : les élus locaux, la direction des transports, les services de police, les représentants de la société civile, la protection civile, la direction de l’urbanisme et de la ville….
L’élaboration du plan de circulation et des transports requiert une vision à long terme
Une importante concentration de véhicules dans un espace restreint émet des gaz à effet de serre nuisibles pour la santé humaine. D’ou l’utilité de réduire les temps de déplacement des voitures par la mise en oeuvre d’un plan de circulation moderne prévoyant des feux tricolores intelligents assistés de caméras, de nouvelles pénétrantes, l’élargissement ou le dédoublement des chaussées, la construction de parkings et de trémies. Nous avons déjà traité de ces aspects dans le cadre d’un reportage sur l’urbanisation.
En tout état de cause le chef lieu de Wilaya a un besoin pressant d’une part, d’un nouveau plan de circulation dont l’efficacité dépendra des structures d’accompagnement qui seront mises en place et d’autre part, du futur plan de transport révisé avec des points d’embarquement appropriés, des circuits mieux étudiés et un parc de transport renouvelé délesté des vieux tacots d’un autre âge.
Il s’agira aussi de mettre fin au laxisme qui perdure en libérant les trottoirs, en sévissant contre les atteintes à l’environnement. Et à ce propos il est regrettable de constater que les efforts du nouveau Wali, Mr Mabrouk ouled Abdennebi, ne bénéficient pas d’une attention soutenue. Car comment interpréter le fait qu’un mois après son passage près du marché couvert où il a ordonné de nettoyer la décharge sauvage située devant un poste de transformation électrique, chose qui fût réalisée en un temps record, sauf que l’endroit est redevenu sale comme avant. Ni la Daïra, ni la commune ne semblent s’en soucier.
Le Wali, malgré toute sa bonne volonté, n’a pas le don d’ubiquité. Certains responsables ne sont pas à leur place et c’est tout. La cité est au bord de l’asphyxie, il est urgent de lancer une étude sérieuse afin d’être au diapason du 21ieme siècle.
Le rond-point de la protection civile est fréquemment le théâtre de graves collisions en raison du non-respect par la plupart des automobilistes, venant de la route de Chaabat El leham, de la plaque «céder la priorité». Là, en revanche une plaque de Stop s’impose. On l’a écrit à maintes reprises. En vain.
Said M.


