Le tribunal de Chéraga a rouvert le dossier d’un médecin esthétique, accusé de négligence médicale ayant gravement mis en danger la santé d’une patiente suite à une opération de liposuccion et d’injection aux fesses réalisée dans des conditions jugées non conformes.
L’affaire remonte à 2023, lorsque la victime, une femme répondant aux initiales B.K., a déposé plainte contre le médecin B.J. Elle affirme s’être rendue chez lui pour une liposuccion abdominale avec injection de graisse dans les fesses, après avoir déjà subi avec succès des injections de botox et de filler auprès de ce praticien. Convaincue par le médecin, qui l’assurait de sa compétence, elle avait accepté l’intervention pour un montant de 1,7 million de dinars.
Le jour de l’opération, elle a constaté que la salle d’attente avait été transformée en bloc opératoire de fortune. L’intervention, sous simple anesthésie locale, a duré près de cinq heures. Dès la fin de l’opération, elle a ressenti un malaise persistant, aggravé par des douleurs intenses et un gonflement anormal des zones opérées. Malgré ses appels au médecin, celui-ci l’a seulement invitée à suivre la prescription antibiotique, sans amélioration de son état. La situation s’est ensuite dégradée, avec l’apparition de pus et un écoulement jaune au niveau des fesses.
Alertée par l’aggravation de son état, la patiente a consulté plusieurs spécialistes en chirurgie esthétique, qui ont unanimement qualifié la situation de critique, rappelant que ce type d’intervention nécessite un bloc opératoire équipé et des conditions d’asepsie strictes.
Lors de l’audience, le médecin a nié toutes les accusations, affirmant qu’il avait averti la patiente qu’il n’était pas habilité à réaliser ce genre d’intervention chirurgicale, se limitant selon lui à des actes superficiels. Il a ajouté que l’infection pourrait être due à une mauvaise manipulation de la plaie par la victime elle-même, et a contesté les conclusions de l’expertise médicale jugée incomplète.
Pour sa part, l’avocate de la victime a souligné que sa cliente souffre encore des graves séquelles de l’opération, et a demandé la constitution de partie civile avec un dédommagement de 5 millions de dinars pour les préjudices subis.
Le procureur a requis une peine de deux ans de prison ferme et une amende de 100.000 dinars à l’encontre du médecin mis en cause.
Rédaction Web


