
La 13ème édition du North Africa & Mediterranean Energy & Hydrogen Exhibition and Conference (NAPEC 2025), s’ouvre aujourd’hui au Centre de Conventions d’Oran (CCO), consacrant une fois de plus l’Algérie comme un acteur énergétique majeur du bassin méditerranéen.
Placé sous le thème « Accélérer l’énergie de demain et atteindre un mix énergétique efficace grâce aux partenariats, aux investissements, à l’innovation et aux technologies », l’événement, qui se poursuivra jusqu’au 8 octobre, réunit plus de 500 exposants et 60 pays.
Véritable plateforme d’échanges sur les hydrocarbures, l’énergie et l’hydrogène, le NAPEC confirme son rôle stratégique dans la redéfinition des équilibres énergétiques régionaux. Cette édition intervient dans un contexte particulier, marqué par la double ambition de l’Algérie : valoriser ses ressources fossiles tout en amorçant une transition énergétique maîtrisée.
Le pays prône un pragmatisme énergétique assumé : poursuivre les investissements massifs dans les hydrocarbures, « le poumon financier » de son économie, afin de financer le tournant vers les énergies propres. Une équation nécessaire pour répondre à une demande intérieure d’électricité en forte croissance et consolider la position du pays comme fournisseur de gaz fiable sur un marché international instable.

Les ambitions sont à la hauteur des enjeux. Sonatrach a annoncé un plan d’investissement de 50 milliards de dollars pour la période 2024-2028, principalement orienté vers l’amont pétro-gazier. Dans le même élan, Alnaft a lancé un nouveau cycle de licences d’exploration : 17 projets déjà ficelés, 12 contrats en négociation et six opportunités ouvertes en offshore. Pour 2025-2026, les prospections en mer marquent une ouverture inédite vers de nouvelles découvertes.
L’HYDROGÈNE VERT, LE CARBURANT DU FUTUR
Mais la stratégie algérienne ne se limite plus à l’exploitation fossile. L’hydrogène vert, qualifié de « carburant du futur », s’impose désormais comme le pilier central de la transition.
Sonatrach a ainsi conclu deux accords majeurs : le projet « SoutH2 Corridor », qui transportera l’hydrogène algérien vers l’Europe, et un partenariat avec Cepsa pour la production et l’exportation d’hydrogène vers l’Espagne.
En parallèle, la diversification pétrochimique s’accélère, notamment avec un projet de production de polypropylène en Turquie, symbole d’un repositionnement industriel plus intégré.
Sur le front du renouvelable, l’Algérie vise à produire 30 % de son électricité à partir de sources propres d’ici 2035. L’objectif est ambitieux : installer entre 15.000 et 22.000 MW de capacités solaires et éoliennes, alors que la production actuelle ne dépasse pas 686 MW sur un total de 23.000 MW.
Des projets sont prêts à émerger dans 46 wilayas, portés par le programme « Tafouk 1 » et par des partenariats internationaux, notamment avec la Chine. Le défi reste cependant colossal : lever les contraintes administratives, moderniser le réseau électrique, attirer les financements et concrétiser les annonces en réalisations tangibles.

Le nouveau ministre de l’Énergie, Mourad Adjal, compte désormais donner une traduction opérationnelle à cette volonté politique clairement affirmée : transformer les projets en mégawatts concrets, structurer une filière industrielle locale et positionner l’Algérie dans la course mondiale aux énergies vertes.
Le dynamisme du secteur est illustré par la récente annonce du groupe chinois Kibing, qui investira dans un projet inédit : l’« Algeria Solar Glass Project », une usine capable de produire 1,5 million de tonnes de verre photovoltaïque par an, à partir du sable local.
Avec 90 % d’intégration nationale et plus de 3 000 emplois directs, ce partenariat marque une nouvelle étape du partenariat Algéro-chinois, orientée vers la création d’une industrie solaire intégrée.
Entre sécurité énergétique immédiate et transition durable, l’Algérie avance à son rythme, portée par une vision à la fois réaliste et ambitieuse. Le NAPEC 2025 illustre parfaitement cette stratégie : conjuguer hydrocarbures et hydrogène, gaz et soleil, pragmatisme et innovation.
Un équilibre délicat, mais essentiel, pour garantir un avenir énergétique souverain et durable au pays.
Ilyès N.


