
Les automobilistes oranais se plaignent de la flambée des prix des pneus. Aux Castors, célèbre fief de la pièce de rechange, la quête d’un simple pneu se transforme en parcours du combattant, entre étals clairsemés et prix qui défient l’entendement.
« Je cherche deux pneus pour ma voiture, mais les tarifs sont exorbitants », témoigne un automobiliste désemparé.
Les enseignes, face à la pénurie, affichent des montants vertigineux. Un pneu de marque chinoise atteint 25.000 dinars l’unité chez certains détaillants. Renouveler les quatre roues devient alors un investissement colossal : 100.000 dinars, une somme qui plonge de nombreux ménages dans le désarroi.
Cette flambée des prix frappe particulièrement les petites dimensions, très prisées par les citadines, créant une pression insoutenable sur le budget des conducteurs.
Les automobilistes qui saluent la récente décision des autorités qui a permis l’importation de 100.000 pneus, souhaitent d’autres opérations d’importations qui sont déjà prévues dans le cadre du programme visant 300.000 unités.
L’Association de protection du consommateur et son environnement (Apoce) explique que cette flambée est «la conséquence d’une offre insuffisante», un constat qui a un effet domino dévastateur sur le pouvoir d’achat et l’entretien du parc automobile.
Le mal est plus profond : il réside dans une inadéquation structurelle entre l’offre et la demande. Les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme. Pour répondre à la diversité du parc automobile local, le marché a besoin de 250 à 300 références.
Les importations ponctuelles, bien que nécessaires, ne comblent pas ce déficit chronique.
Au-delà de l’aspect lié à l’augmentation des prix, l’enjeu est la sécurité routière.
Acculés, les automobilistes se retrouvent face à un choix cornélien. Doivent-ils retarder le remplacement de pneus usés, opter pour une dimension inadaptée, ou se rabattre sur des produits d’origine douteuse ? Autant de solutions périlleuses.
Les experts en sécurité routière sont formels : des pneumatiques inadaptés ou usés transforment le véhicule en danger public. Ils allongent les distances de freinage, réduisent l’adhérence, surtout sous la pluie, et augmentent drastiquement le risque de perte de contrôle.
À moyen terme, la solution passe impérativement par une augmentation et une diversification de la production locale.
En parallèle, l’Apoce préconise des mesures urgentes pour encadrer le marché : une meilleure traçabilité des prix, un suivi rigoureux des stocks et la création d’un canal de vente régulé pour les dimensions les plus critiques.
En attendant une stabilisation, conducteurs et réparateurs naviguent à vue, subissant de plein fouet des hausses de prix qui semblent inexorables. Une évidence s’impose : tant que l’offre ne répondra pas à la fois aux besoins de volume et de variété, la rareté continuera d’exposer quotidiennement les usagers de la route à des risques évitables.
Ilyès. N


