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Le danger guette les piétons : le fléau des trottoirs patinoires

Les pluies qui se sont abattues, hier, sur la ville d’Oran, notamment la journée d’hier, ont remis au goût du jour une problématique qui exaspère les citoyens : l’état critique et dangereux de nombreux trottoirs.

Loin des nids-de-poule habituels, c’est un tout autre fléau qui menace la sécurité des passants : la transformation progressive de l’espace public en véritables patinoires à ciel ouvert. Le constat est alarmant et visible dans plusieurs quartiers d’El Bahia. Marcher sur le trottoir est devenu un exercice périlleux, nécessitant une vigilance de tous les instants.

La cause ? Un revêtement de sol totalement inadapté à l’usage extérieur. En effet, de nombreux trottoirs ont été recouverts de carrelages lisses, de dalles de sol brillantes ou de céramiques vitrifiées. Si ces matériaux flattent l’œil par leur aspect propre et moderne, ils s’avèrent être des pièges redoutables dès que la moindre goutte de pluie tombe, transformant la voirie en surface ultra-glissante.

À l’origine de cette anarchie urbanistique, on retrouve souvent l’initiative privée. De nombreux commerçants, souhaitant embellir la devanture de leurs boutiques ou marquer leur territoire, entreprennent des travaux d’aménagement sur la voie publique à leur propre guise. Ignorant les normes de sécurité élémentaires, ils optent pour des matériaux conçus pour les intérieurs (salons, cuisines) et non pour supporter les aléas climatiques et le passage des piétons. Ce souci d’esthétique personnelle se fait au détriment direct de la sécurité collective.

Les chutes sont fréquentes, et les conséquences peuvent être graves, particulièrement pour les personnes âgées, les enfants ou les personnes à mobilité réduite. Les urgences hospitalières d’Oran témoignent régulièrement de fractures et de traumatismes liés à ces glissades évitables. Les piétons, en colère, dénoncent ce qu’ils qualifient de « pièges mortels » et s’interrogent sur l’absence de régulation. Ceci pointe du doigt un manque flagrant de contrôle de la part des Assemblées Populaires Communales (APC).

L’aménagement des trottoirs relève strictement du ressort des pouvoirs publics et du domaine communal. Nul ne devrait pouvoir modifier la voie publique sans une autorisation stricte respectant un cahier des charges précis, imposant des matériaux antidérapants et rugueux. Il est impératif que les services techniques des APC sortent de leur léthargie.

L’heure n’est plus à la simple constatation, mais à l’action. Les autorités locales doivent verbaliser sévèrement les commerçants contrevenants qui s’approprient l’espace public au mépris de la loi et de la sécurité d’autrui. Il est urgent de remettre de l’ordre, d’exiger la démolition des ouvrages non conformes et de réaffirmer que le trottoir est un bien commun, dont la sécurité incombe à l’État et non aux fantaisies des particuliers.

Ilyès N.

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