
Une inquiétude grandissante gagne la communauté des patients diabétiques à Oran. Depuis plusieurs semaines, un produit essentiel à leur sécurité sanitaire manque cruellement dans les rayons des officines : la Biseptine.
Ce qui s’apparente à une simple rup ture de stock pour le grand public se transforme en un véritable parcours du combattant pour les malades chroniques, qui arpentent la ville en vain à la recherche de ce flacon indispensable.
Cet antiseptique est bien plus qu’un simple produit de confort; il est un pilier du soin quotidien. Il est spécifiquement utilisé par les diabétiques pour la désinfection rigoureuse des plaies, notamment celles situées au niveau des pieds, une zone d’une extrême vulnérabilité pathologique. Interrogé sur cette situation, le Docteur Rachid, médecin podologue, ne cache pas sa préoccupation.
Selon le spécialiste, la Biseptine est « vivement recommandée » pour traiter le pied diabétique. Elle présente en effet des avantages majeurs que d’autres antiseptiques n’ont pas : elle est généralement non irritante et incolore, ce qui permet de surveiller l’évolution de la rougeur ou de l’infection, contrairement aux produits iodés qui masquent la plaie. L’enjeu de cette pénurie est vital.
La désinfection adéquate des plaies des pieds est la première ligne de défense contre les infections. Une lésion mal soignée chez un diabétique peut s’aggraver à une vitesse fulgurante. Le risque est connu et redouté de tous : en cas de graves complications infectieuses, le patient s’expose à la gangrène et, malheureusement, à l’amputation. Face à ce danger réel, les praticiens et les patients à Oran espèrent un réapprovisionnement urgent pour éviter des drames irréversibles.
Un autre médicament vital pour les diabétiques est aussi en rupture de stock. Depuis plus d’un an, le Glucagon, un médicament de première urgence pour les diabétiques, se fait cruellement rare dans les pharmacies de la ville. Le Glucagon injectable est littéralement un médicament qui sauve des vies. Il est utilisé en injection unique lors d’une hypoglycémie sévère, un moment critique où la glycémie chute dangereusement (souvent très en dessous de 0,7 g/L) quand le diabétique est en état d’inconscience.
Ilyès N.


