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Oran 2025 : la métamorphose fulgurante d’une métropole conquérante

Au crépuscule de l’année 2025, le bilan d’El Bahia; la « Radieuse »; ne se résume pas à une simple liste de réalisations administratives. C’est le récit d’une mutation profonde, le portrait d’une cité qui a su transformer ses défis en leviers de croissance. 

De l’effervescence des chaînes de montage automobile de Tafraoui aux reflets azur de la nouvelle station de dessalement, en passant par sa consécration touristique africaine, El Bahia s’impose désormais comme le moteur d’une Algérie en pleine renaissance socio-économique.


Vaisseau amiral de l’industrie automobile


L’année 2025 a scellé le destin industriel de la région avec l’ascension fulgurante du site Stellantis de Tafraoui. Ce qui n’était, il y a deux ans, qu’un projet ambitieux est devenu un pôle automobile de référence à l’échelle du continent.  Avec une production franchissant le cap des 70.000 véhicules et la création de 5.000 emplois, l’usine Fiat n’est plus seulement un site d’assemblage, mais le cœur d’un écosystème complexe. Le mois de septembre 2025 restera gravé dans les annales : le lancement de la production des premières caisses de la Fiat Grande Panda. Grâce à des ateliers de ferrage et de peinture désormais pleinement opérationnels, le constructeur s’apprête à atteindre un taux d’intégration locale inédit de 30% dès 2026.  Mais la véritable victoire réside dans l’émergence d’une sous-traitance algérienne performante. Le partenariat stratégique avec Ikam Auto Industrie pour la fourniture de plaquettes de frein certifiées internationalement témoigne de cette montée en gamme technologique.  Avec treize fournisseurs majeurs désormais engagés (parmi lesquels des leaders comme Martur, Purem ou Sigit-ACS), Oran dessine les contours d’une industrie automobile souveraine, créatrice de valeur et de compétences locales.


La « Perle de l’Ouest » sacrée sur l’échiquier africain


Oran ne se contente plus de plaire, elle rayonne. En 2025, la ville a décroché le prestigieux Golden Award de la meilleure ville touristique émergente d’Afrique, décerné par l’Union Afro-Asiatique (AFASU). Face à une concurrence féroce de vingt métropoles africaines, El Bahia l’a emporté grâce à un cocktail unique : une capacité organisationnelle éprouvée lors des grands sommets et une âme méditerranéenne préservée. Ce prix vient récompenser une vision. Au-delà des infrastructures hôtelières modernes, c’est l’harmonie entre le patrimoine historique, du Fort Santa-Cruz à la vieille Casbah de Sidi El Houari, et la modernité urbaine qui a séduit les jurys internationaux.  Oran a su capitaliser sur sa légende, celle du raï et d’une hospitalité ancestrale, pour devenir une destination incontournable. Ce trophée n’est pas une fin en soi, mais un tremplin qui positionne la ville comme une étoile montante du tourisme mondial, capable de rivaliser avec les plus grandes cités balnéaires du bassin méditerranéen.


L’ambition qualitative de l’AADL 3


Le paysage urbain d’Oran poursuit sa mue avec le lancement d’envergure du programme AADL 3.  Plus de 7.200 logements, en location-vente, sont actuellement en chantier, répartis entre les pôles stratégiques de Misserghine (pôle Ahmed Zabana) et d’Es-Sénia.  Mais au-delà des chiffres, avec plus de 86.000 inscrits acceptés dans la wilaya, c’est la philosophie même de l’habitat qui évolue. En 2025, l’heure n’est plus à la construction de « cités dortoirs », mais à l’édification de véritables cadres de vie.  Les nouveaux plans d’aménagement, portés par une vision prospective, intègrent désormais des espaces culturels, sportifs et des infrastructures publiques de proximité avant même la remise des clés.  Cette approche, fondée sur des études géotechniques rigoureuses et une exigence architecturale accrue, vise à offrir aux souscripteurs un environnement où le confort social prime, garantissant une attractivité durable aux futurs pôles résidentiels.


Le défi du dessalement relevé


Enfin, l’année 2025 marque une étape décisive vers la souveraineté hydrique. La mise en service, en février, de la méga-station de dessalement de Cap Blanc a changé la donne. Avec une capacité de 300 000 m³ par jour, cette infrastructure stratégique, réalisée par les forces vives du pays (Sonatrach, Cosider, AEC), ne se contente pas d’abreuver Oran.  Elle sécurise également l’approvisionnement des wilayas limitrophes comme Aïn Témouchent, Sidi Bel-Abbès, Mascara et Tiaret. L’intégration de cette usine, à un réseau déjà dense, fait d’Oran un modèle de gestion des ressources. L’innovation se poursuit avec la création de l’Agence Nationale de Dessalement (ANDE) et l’exploitation industrielle du sel par l’Enasel, prouvant que chaque résidu de ce processus peut devenir une ressource économique.  En 2025, Oran a prouvé qu’elle était bien plus qu’une simple métropole régionale. Par son industrie, sa culture, son urbanisme et sa maîtrise des ressources, elle incarne l’ambition d’une Algérie moderne et pragmatique. El Bahia ne brille plus seulement par son soleil, mais par la force de ses projets et la détermination de ses acteurs.  La « Radieuse » n’a jamais aussi bien porté son nom.

Ilyès N.

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