
À l’aube de l’année 2026, Oran, « El Bahia», se trouve à la croisée des chemins.
Si la ville a su briller par ses infrastructures sportives et son dynamisme méditerranéen, l’année à venir s’annonce comme celle de la consolidation structurelle.
Entre défis climatiques, urgence patrimoniale et renouveau économique, la gestion de la deuxième ville du pays doit opérer une mue profonde pour répondre aux attentes pressantes des citoyens.
UN CADRE DE VIE SOUS LE SIGNE DE LA RIGUEUR
Le premier défi, et sans doute le plus vital, concerne la résilience face aux aléas climatiques.
Les récentes pluies diluviennes ont mis en lumière les fragilités du système d’évacuation.
En 2026, la priorité absolue sera la modernisation radicale du réseau d’assainissement et des collecteurs d’eaux usées pour épargner aux Oranais le traumatisme des inondations récurrentes.
Parallèlement, la lutte contre l’anarchie urbaine doit franchir un cap.
La réappropriation de l’espace public est devenue une exigence sociale.
Il ne s’agit plus seulement de bitumer des routes, mais de libérer les trottoirs, d’éradiquer les extensions illicites des commerces et de mettre fin au commerce informel qui asphyxie les artères.
Le retour à l’ordre passera aussi par une gestion des déchets plus performante : la multiplication des bacs à ordures dans tous les quartiers et l’amorce d’un véritable système de recyclage sont attendues pour transformer l’image de la cité.
SIDI EL HOUARI : L’URGENCE D’UN PLAN DE SAUVETAGE
Au coeur de cette réflexion sur le cadre de vie, le quartier historique de Sidi El Houari appelle un cri du coeur.
Classé patrimoine national à sauvegarder, le berceau de la ville ne peut plus se contenter de mesures palliatives.
En 2026, le lancement d’un véritable plan de sauvetage est impératif pour stopper la dégradation de ses bâtisses séculaires.
Entre vestiges espagnols, ottomans et coloniaux, la réhabilitation de ce périmètre est un devoir de mémoire.
Il s’agit de transformer ce musée à ciel ouvert en un pôle d’attractivité touristique et culturelle, tout en sécurisant les familles qui y résident encore.
LOGEMENT : PRIVILÉGIER LA QUALITÉ
Si les programmes AADL, LPA et LPL continuent de battre leur plein, l’enjeu de 2026 ne sera plus uniquement quantitatif.
L’opinion publique et les experts s’accordent sur une nécessité : l’exigence architecturale.
Finies les cités-dortoirs sans âme ; l’accent doit être mis sur la qualité du cadre bâti et l’aménagement qualitatif du territoire.
Cela implique des espaces de vie aérés, des aires de jeux et une cohérence esthétique qui respecte l’identité oranaise.
ÉCONOMIE ET ADMINISTRATION : LA FIN DES LENTEURS
Sur le plan économique, l’accélération de l’aménagement des zones d’activité est le levier indispensable pour stimuler la création d’emplois.
Pour accompagner cet élan, la numérisation de l’administration n’est plus une option mais une urgence absolue.
C’est le remède désigné contre la bureaucratie, permettant une transparence accrue et une facilitation des procédures pour les investisseurs et les citoyens.
SANTÉ, ENVIRONNEMENT ET AGRICULTURE
Le secteur de la santé restera sous haute surveillance.
Les usagers appellent le Wali à intensifier les visites inopinées dans les hôpitaux pour garantir l’exécution rigoureuse de la mission de service public.
Côté environnement, 2026 devra voir la multiplication des espaces verts et la création de « forêts urbaines » pour oxygéner la cité.
Enfin, le patrimoine agricole demande justice.
Les agrumiculteurs de la wilaya lancent un appel pressant pour accélérer enfin la labellisation de la « Clémentine de Misserghine ».
Ce label est essentiel pour protéger ce fruit emblématique et valoriser le savoir-faire local sur la scène internationale.
En 2026, Oran a l’ambition de devenir une métropole où la modernité ne se mesure pas seulement à la hauteur de ses tours, mais à la préservation de son histoire et à la sérénité de ses rues.
Le défi est immense, à la mesure d’El Bahia.
Ilyès.N


