Culture

Étoiles d’Alhane Wa Chabab : de l’écran à la scène

Étoiles d’Alhane Wa Chabab, ces jeunes artistes passent de l’écran à la scène pour rencontrer le public et affirmer leur talent.

L’affluence était modeste, mais la salle Ibn Khaldoun, à Alger, a vibré dans la soirée de vendredi dernier au rythme d’une soirée animée par 3 anciens candidats de l’émission télévisée «Alhane Wa Chabab». Ismahane Menacer, Zina Laârab et Imad Eddine Gnawa ont retrouvé le public pour une première rencontre depuis leur passage remarqué dans ce télé-crochet. La soirée fut marquée par la diversité des styles et une communion avec un public réduit qui a ponctué chaque prestation par des applaudissements nourris et des youyous. Avec assurance et élégance, Ismahane Menacer a interprété des chants andalous portés par une rythmique soutenue et une interprétation maîtrisée. Sa voix posée et précise, épousait à la perfection les subtilités de ce patrimoine musical savant, avant d’opérer une transition progressive vers des rythmes plus enjoués du hawzi.

Entre héritage kabyle et ferveur sahraouie

Pour sa part, Zina Laârab a présenté plusieurs titres puisés du répertoire musical kabyle qui ont mis en avant la richesse poétique et mélodique de la région. Sa voix, chargée d’émotion, trouva un écho immédiat auprès du public familier d’un univers musical profondément ancré dans la mémoire collective. Chaque chanson était accueillie par des applaudissements. Moment fort de la soirée, l’entrée en scène d’Imad Eddine Gnawa de Ouargla. L’artiste, muni de son luth qu’il manie avec aisance, a littéralement embrasé la salle dès les premières notes, avec notamment l’interprétation de la célèbre chanson «Ben Bouziane» qui a suscité une adhésion immédiate du public. Imad Gnawa a interprété quatre chansons, dont trois dans le style «Amine Amine» popularisé par le groupe Gaâda Diwan Béchar et «Lah Yahdik ya Samra» emblématique du folklore sahraoui.

Transmission, hommage et projets d’avenir

L’un des moments les plus émouvants fut sa reprise d’une chanson targuie du chanteur Kader Terhanin à qui il a rendu un hommage appuyé. En marge de son passage sur scène, il a tenu à saluer cette figure de la musique targuie et souligné son influence déterminante sur son parcours artistique. Cette filiation assumée confère à son travail une dimension respectueuse de la tradition et résolument tournée vers l’avenir. Interrogé sur ses projets, il a confié son ambition d’enregistrer prochainement trois chansons en studio dans une volonté affirmée de moderniser le folklore sahraoui, en revisitant d’anciennes chansons afin de les «dépoussiérer» et de leur offrir une nouvelle forme susceptible de toucher un public plus large, y compris à l’étranger. La soirée a été enfin marquée par la présence du directeur artistique d’Alhane Wa Chabab, Amer Bahloul, et des professeurs des trois artistes. Le premier s’est dit «fier du parcours accompli par ces jeunes talents et ému de les voir se produire, pour la première fois, sur scène après leur passage à l’écran» .

Un concert gratuit pour célébrer les talents de demain

Il a ensuite mis en exergue le rôle important de l’Etablissement Arts et Culture dans la promotion et la vulgarisation des jeunes talents. Pour lui, leur offrir des espaces d’expression est «l’essence même d’une véritable institution culturelle ». Il y a lieu de savoir qu’Ismahane Menacer et Zina Laarab vont se produire, en compagnie de 3 autres jeunes talents à la maison de la Culture de Tizi Ouzou, le 6 janvier prochain, à l’occasion de Yennayer. L’entrée sera gratuite.

Bouton retour en haut de la page