
Dans les zones éparses d’Oran, le chemin de l’école s’apparente trop souvent à un parcours du combattant. C’est pour briser cette fatalité de l’enclavement que l’APC de Béthioua a concrétisé, aujourd’hui, une opération d’acquisition de bus de transport scolaire.
Plus qu’un simple renforcement logistique, cette initiative constitue une véritable bouffée d’oxygène pour les élèves des localités de Granine, Araba, El Houaoua, Mssaissa et El Ararssa. L’objectif affiché est de mettre un terme aux longues marches harassantes que subissent quotidiennement ces enfants pour rejoindre leurs écoles.
En choisissant d’investir dans une flotte communale pour compléter le parc existant, jusqu’alors tributaire de locations auprès du privé, l’APC réaffirme sa mission de service public. La priorité est désormais de garantir une équité territoriale stricte, assurant que l’éloignement géographique ne soit plus synonyme de décrochage ou de fatigue chronique. Toutefois, cette avancée locale agit comme un révélateur des contrastes qui traversent la wilaya d’Oran.
Si la gestion décentralisée permet aux communes d’allouer des budgets spécifiques, le résultat sur le terrain demeure hétérogène. Des progrès indéniables sont visibles dans les nouveaux pôles urbains, à l’image du pôle urbain Ahmed Zabana, où les moyens tentent de suivre la galopante démographie. A contrario, le fossé persiste avec certains quartiers historiques. Le cas des Planteurs est symptomatique de ce paradoxe : malgré les fonds théoriquement engagés, l’absence de navettes y reste un problème criant, pénalisant lourdement les familles modestes.
L’exemple de Béthioua prouve que la volonté peut désenclaver les zones rurales, mais il souligne en creux l’immense chantier qui reste à accomplir pour offrir une couverture universelle, des campagnes isolées aux quartiers populaires oubliés.
Ilyès. N


