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Session d’hiver de l’APW de Ain Temouchent : les centres sociaux spécialisés au cœur du débat

Réunis en séance plénière les élus de l’APW se sont penchés sur la situation des 11 centres spécialisés répartis à travers la Wilaya d’Ain Temouchent. Sur ce nombre 03 d’entre eux sont gérés par des 8 associations caritatives, le reste dépend de la direction de l’action sociale.

S’agissant des structures relevant de cette dernière il y a le centre des personnes âgées, l’école des sourds muets, le centre psychopédagogique pour enfants déficients notamment les autistes présents à Aïn Temouchent, Ain el Arba et Hammam Bou Zedjar, l’établissement d’accueil de Béni Saf réservé aux enfants en difficulté et le centre polyvalent de prévention des jeunes d’Ain Tolba.

Par ailleurs plusieurs associations activent dans ke cadre de l’assistance et du soutien à cette frange de la société comme le centre de Béni Saf pour handicapés mentaux, le centre pour autistes d’Aïn Temouchent tandis que le centre d’El Amria est en attente d’ouverture.

Il reste que le centre des personnes âgées situé à la lisière du Hai Moulay Mustapha créé en 2004 retient une attention particulière.

Doté de moyens assez conséquent aux plans matériel et médical reçoit actuellement 22 personnes dont 07 femmes, tous dépassant 65 ans.

Il accueille également des SDF et les malades mentaux en demi pension et ce durant toute l’année y compris le mois de Ramadhan.

Ce centre envisage de développer de lancer un projet d’implantation d’une ferme pédagogique et de favoriser l’insertion sociale des pensionnés.

Cependant sa position géographique qui le prédispose à de fréquentes inondations de ses abords immédiats et sa conception en étages posent des problèmes de mobilité.

Les élus ont demandé la réalisation d’un nouveau foyer plus adapté et proche des structures hospitalières ainsi qu’une meilleure prise en charge des sans domicile fixe et une orientation des personnes âgées présentant des troubles mentaux vers le pavillon spécialisé qui vient d’être complètement rénové dans l’enceinte de l’Hôpital Ahmed Médeghri.

Pour ce qui concerne l’établissement des sourds-muets doté d’un internat, il abrite présentement 60 enfants dont la moitié en pension complète.

Ses capacités logistiques et pédagogiques sont jugées satisfaisantes sauf que certains locaux nécessitent des travaux d’étanchéité.

De même que les toilettes collectives dont l’éloignement des classes est souhaitable selon les élus de la commission de l’APW qui ont souligné d’autres manques comme le transport des élèves ou la disponibilité d’appareils F.M.

pour la connexion internet.

La plupart des centres régionaux nécessitent des travaux de réhabilitation et d’agrandissement

Le centre pédagogique spécialisé de Ain El Arba ouvert en 2019 s’étend sur une superficie de 4.000 m2 et comprend 11 classes et 03 ateliers d’apprentissage.

Il s’occupe pour l’instant de 120 enfants soit le double de sa capacité dont 66 souffrant d’handicapes mentaux et 54 enfants dits autistes encadrés par 66 membres du personnel pédagogique et administratif.

Étroitement soutenu par la direction de la santé et de la population le centre enregistre une saturation au niveau des effectifs.

A Hammam Bou Hadjar la situation du centre dispensant les mêmes soins est jugé acceptable voire bonne si l’on tient compte du fait que cet établissement anciennement centre de rééducation pour délinquants mineurs est devenu une école pédagogique destinée aux enfants déficients répartis en 10 classes spécialisées dont deux réservées aux enfants autistes avec le concours d’un orthophoniste et un technicien de santé, ce qui paraît insuffisant.

Pour ce qui est du plus ancien centre de la Wilaya en l’occurrence le premier pôle psycho-pédagogique réservé aux enfants déficients mentaux inauguré en octobre 1995 sur une assiette de terrain de 4200 m2 et accueillant actuellement 210 élèves alors que sa capacité théorique est de 100 enfants.

Une contrainte qui a obligé l’administration à opter pour une formule d’enseignement alternée, un jour sur deux.

Mais les problèmes les plus récurrents résident dans l’amélioration des conditions physiques sachant que la plupart des bâtiments ont besoin de travaux d’étanchéité en plus de l’absence d’un mur de clôture et de la dégradation des aires de jeu sans compter la nécessité de revoir les installations de la cuisine.

Somme toute, il va falloir à la direction de l’action sociale d’inscrire une opération de réhabilitation de ce vieux centre.

Du côté de Béni Saf l’élan de solidarité envers l’enfance assistée reste une référence puisque pour le moment 22 jeunes élèves originaire essentiellement d’autres wilayas sont pris en charge par le personnel composé de 47 personnes mobilisées en permanence Le centre réclame un moyen de transport et une ambulance malgré le soutien appréciable des autorités.

La direction relève que de fréquentes disputes ont lieu avec le voisinage mitoyen au centre.

A Aïn Tolba, pas très loin du port de pêche de Béni Saf, le centre polyvalent de prévention de la jeunesse ouvert en 2015.

Il accueille en général les jeunes de toutes les localités placés ou non par l’autorité judiciaire aux fins d’une prise en charge éducative sur le plan socio affectif, scolaire et professionnel.

En dépit de ces objectifs les insuffisances déclarées sont liées au manque d’espaces verts pour la pédagogique agricole, d’équipements de menuiserie et de PVC ainsi que le matériel de musculation encore insuffisant.

Le nouveau centre spécialisé « Soussi Brahim » de Béni Saf a la particularité d’être géré par des association.

Pour son lancement un encadrement composé de 13 personnes entre médecins et bénévoles est déjà en place pour prendre en charge 73 enfants issus des localités de Sidi Safi, Beni saf et Oulhaça.

Ce centre peut accueillir jusqu’à 80 enfants grâce aux efforts remarquables du staff psycho-pédagogique.

Le pédopsychiatre, une perle rare

De tous les centres en activité celui des autistes, inauguré en 2022 à Ain Temouchent, reste certainement le plus sollicité.

Fonctionnant en demi pension avec un effectif de 80 enfants dont 57 garçons âgés entre 5 et 17 ans, le centre dispense des cours adaptés au développement psychomoteur des enfants qui sont intégrés au cursus scolaire normal en fonction de leurs acquisitions.

Les apprentissages manuels et artistiques sont privilégiés et s’inspirent des méthodes modernes.

Les doléances des parents et travailleurs du centre pour autistes sont axées sur la nécessité de prévoir des extensions en vue d’absorber la demande et de garantir des emplois stables au personnel d’autant que les principaux soutiens, hormis les aides de l’État, proviennent des associations et des âmes charitables.

Les parents mettent aussi la main à la poche en versant les assurances.

En tout état de cause, ce centre ferait certainement bon usage de toute aide financière d’où qu’elle vienne.

L’argent doit aller là où elle doit aller et les enfants `à besoin spécifique méritent assurément mieux que les  » footeux » plus enclins aux dépenses superflues.

Bref il faut retenir le faible taux d’intégration scolaire, Seulement 114 enfants répartis dans 24 classes spécialisées suivis par 42 enseignants et 13 accompagnateurs poursuivent tant bien que mal leur scolarité.

Le budget de Wilaya a permis à plusieurs centres spécialisés de résoudre quelques problèmes épineux liés aux aménagements des strutures d’acceuil en plus de dotations financières comme à Béni Saf où deux centres se sont partagés la somme de trois (3) millions de dinars puis deux millions de dinars.

Le centre pour autistes a bénéficié de deux subventions substantielle sur les budgets complémentaire 2025 et primitif 2026.

A l’issue de la plénière de la saison hivernale l’APW a voté une série e recommandations dont celles relatives à l’établissement d’un état des lieux de tous les centres, à la formation continue du personnel d’encadrement, au soutien des associations activant dans le domaine social, aux moyens de transports des enfants, à la nécessité de coordonner les actions de ciblage des enfants malades à travers l’ensemble des communes et de renforcer le nombre de structures spécialisées afin de répondre aux besoins grandissants des familles concernées.

Le point qui est souvent revenu dans les discussions évoque le manque cruel de médecins spécialistes.

Il est patent que les affections neurologiques touchant les enfants deviennent de plus en plus fréquentes et les besoins difficiles à combler.

Le déficit en matière de spécialistes dans ce domaine est vivement ressenti dans presque tous les centres qui plaignent de l’absence de pédopsychiatre.

Said Mouas

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