
Les tensions militaires persistaient jeudi au Moyen-Orient et dans le Golfe, pour le 27e jour consécutif, alors que plusieurs acteurs internationaux continuent de plaider en faveur d’une solution politique fondée sur le dialogue et la diplomatie afin de parvenir à une désescalade de la crise.
La région demeure marquée par la poursuite des échanges de tirs et des frappes aériennes entraînant de lourdes pertes civiles et d’importants dégâts matériels, ce qui alimente une vive inquiétude internationale quant aux répercussions de cette guerre sur la sécurité et la paix internationales.
Dans ce contexte, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a insisté sur la nécessité d’un arrêt immédiat de toutes les formes d’escalade et appelé à privilégier le dialogue, dans une déclaration conjointe à la presse avec la présidente du Conseil des ministres de la République italienne, Mme Giorgia Meloni, qui s’est rendue mercredi en Algérie.
«Nous avons réaffirmé la nécessité d’un arrêt immédiat de toutes les formes d’escalade, tout en appelant à privilégier le dialogue et la diplomatie, et à respecter la souveraineté des Etats et la sécurité de leurs peuples», a dit le président de la République.
Dans une nouvelle réaction à l’escalade des tensions au Moyen-Orient et dans le Golfe, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a averti que la guerre était en train de devenir incontrôlable et que le conflit avait pris «une ampleur inattendue». Et de souligner: «il est temps de mettre un terme à cette escalade, d’engager le dialogue diplomatique et de revenir au plein respect du droit international», avant d’ajouter que plusieurs initiatives de dialogue sont en cours, insistant sur l’importance de leur réussite.
Dans un énième appel, la Chine, par le biais du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a exhorté jeudi toutes les parties concernées par le conflit qui fait rage au Moyen-Orient et dans le Golfe, à «unir leurs efforts et à créer les conditions nécessaires au lancement de pourparlers de paix véritablement constructifs et sincères».
Pékin a souligné à maintes reprises que «la prolongation de la guerre ne sert les intérêts d’aucune des parties» et que sa poursuite «ne fera qu’entraîner davantage de victimes et de pertes inutiles, ainsi qu’une nouvelle aggravation de la situation». Pour la Chine, «la priorité absolue est de promouvoir activement la paix et d’encourager les pourparlers, ainsi que de saisir toutes les opportunités pour mettre fin aux hostilités», a souligné le porte-parole.
Parallèlement aux appels à l’apaisement et à la retenue, les mises en garde internationales contre les répercussions de l’escalade militaire au Moyen-Orient et dans le Golfe sur l’économie mondiale se multiplient.
Dans ce contexte, le ministre turc de l’Energie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, a averti que les tensions géopolitiques et la guerre en cours dans la région du Moyen-Orient «constituent une crise extrêmement grave aux répercussions mondiales».
Il a ajouté que le monde a connu, ces dernières années, des périodes de hausse des prix de l’énergie et des matières premières à l’échelle mondiale, ainsi que des phases de forte inflation. Toutefois, cette crise semble dépasser toutes celles-ci et, si elle se prolonge, «ses effets pourraient être encore plus dévastateurs à l’échelle mondiale».
Et de préciser que la sécurité énergétique et des approvisionnements est liée à la sécurité de la demande et des voies de transport, soulignant qu’il n’y a actuellement pas de crise de la demande, mais plutôt des contraintes importantes sur l’offre. Il a également indiqué que 20 % du pétrole mondial transitent par le détroit d’Hormuz, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, et que 20 % du gaz naturel liquéfié destiné au marché mondial ne peut plus y circuler.
Quant aux conséquences de la guerre sur la navigation aérienne, plusieurs pays du Moyen-Orient ont fermé ou fortement restreint leur espace aérien pour protéger les vols, notamment l’Irak, le Qatar, le Koweït, tandis que des milliers de vols ont été annulés ou détournés, notamment ceux passant par les grands hubs du Golfe.


