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Place du Maghreb à Oran : quand le sordide épouse le putride

Le désolant et putride spectacle de bacs à ordures débordants sur la prestigieuse place du Maghreb (ex-La Bastille), représente désormais l’image, devenue virale, qui étonne et choque les adeptes du beau et de l’agréable au regard. Une puanteur, fade et écœurante, évoquant une lente décomposition, empeste désormais cette place en agressant violemment l’odorat.

Ce lieu considéré comme un véritable point de repère d’Oran s’est réduit insidieusement en peau de chagrin et ce, à la faveur de l’indigence des esprits des uns et des autres chargés du volet esthétique. Faisant face à la grande Poste, en plein coeur du centre ville d’Oran, cette place a été, rappelons- le ciblée, quelques années auparavant, par une décriée opération d’aménagement, qui s’est piètrement soldé par sa défiguration.

Ses abords immédiats se sont ridiculement transformée, en grande partie, en marché aux puces, où sont proposés à la vente à la criée des fruits de saison, des galettes, des arachides , du poisson pourri et même des bouteilles de limonade dont la date de péremption est dépassée depuis fort longtemps. Tous ces revendeurs à la sauvette, qui activent illicitement ne semblent nullement se soucier de la puanteur provenant des bacs à ordures pleins à ras bord, installés à quelques pas et d’où coule un liquide visqueux et nauséabond comme le pus d’un drain. Un véritable festin pour les rats et autres animaux nuisibles, dont les sérénades nocturnes perturbent le sommeil des habitants des immeubles mitoyens.

« En plus de ces animaux nuisibles nous sommes également exécrablement confrontés aux invasions de différentes espèces d’insectes. Nous évitons assez souvent d’ouvrir nos fenêtres qui donnent sur cette place en raison de la puanteur à faire fuir une portée de putois. Il aurait été plus judicieux d’installer de petites poubelles tout autour de cette place au lieu de ces bacs qui ont transformé les lieux en une véritable décharge en plein air. C’est aberrant ! Nous ne comprenons pas pourquoi cela été décidé ainsi » ont déploré sur un ton acide des riverains demeurant dans les immeubles des abords immédiats de ce lieu en.

Toujours est-il que l’insouciance des uns et des autres, fruit d’une liaison illégitime entre la passivité et le dénuement intellectuel, a, au fil du temps, réussi à faire perdre la superbe à cette esplanade, qui n’avait rien à envier dans un passé encore vivace à celles des cités du Vieux continent. L’extrême sordidité, qui caractérise désormais avec commisération le cadre environnemental des lieux, suscite un pincement au coeur chez les anciens riverains, ayant vécu sa magnificence.

Notons que d’autres esplanades aussi admirablement légendaires les unes que les autres, essaimées à travers la ville d’Oran, sont regrettablement logées à la même piteuse enseigne. L’incivilité et le vandalisme ont, également, en parallèle, cosigné un bail. Leur impressionnant CV respectif fait pâlir de jalousie le pire farouche opposant de l’agréable au regard du contemplatif. Le fétide état de la place du Maghreb ne figure malheureusement pas parmi les cas isolé à Oran .

En effet, selon la pénible réalité du terrain, d’autres bacs à ordures branlants et puants à l’extrême, ont été installés, un peu partout, dans différentes zones du centre ville d’Oran. La puanteur est partout ainsi.

Rachid Boutlélis

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