Stress : l’arythmie sinusale respiratoire de la mère prédit celle de l’enfant
Pour mieux comprendre l’impact du style éducatif sur la régulation biologique et psychique du stress des enfants, les chercheurs ont suivi 129 dyades mère-enfant à risque. Ils ont été observés une première quand le petit avait trois ans, puis une seconde fois un an plus tard. Les enfants devaient réaliser un puzzle complexe. Il était indiqué aux mamans qu’elles pouvaient les guider verbalement, mais qu’elles ne devaient pas le faire à leur place. Les mères devaient aussi répondre à un questionnaire sur leur style parental. Il y avait par exemple des questions sur la fréquence à laquelle elles criaient ou recouraient à la discipline physique.
Pendant cette expérience, les participants étaient équipés de moniteurs cardiaques et respiratoires. Ils permettaient de suivre leur arythmie sinusale respiratoire (ASR), une mesure qui peut aider à évaluer la capacité de régulation au stress. Par exemple, une personne régule son stress quand elle prend de plus grandes inspirations ou fait des pauses pour calmer un rythme cardiaque rapide.
Les chercheurs ont mesuré l’ASR par intervalles de 30 secondes. Ils ont constaté que l’ASR de la mère dans un intervalle pouvait prédire celui de l’enfant dans le suivant. Ce qui prouve que les mères peuvent réguler l’état physiologique de leur enfant.
« Nous avons également observé que chez les mères moins sévères, cette influence diminuait lorsque l’enfant vieillissait de trois à quatre ans, indiquant que l’enfant dépendait moins de sa mère pour cette régulation biologique », indique Jianing Sun, une des auteures de l’étude. « En revanche, cette influence augmentait chez les mères plus sévères et leurs enfants. »
Pour les chercheurs, ces résultats suggèrent que les enfants ayant eu une éducation sévère gèrent moins bien leur stress par rapport aux autres. « Ce qui les amène à avoir besoin d’un soutien externe encore plus important en grandissant », ajoute la Pr Lunkenheimer. Cela expliquerait pourquoi les petits ayant eu une éducation dure ou subi des maltraitances présentent souvent des systèmes de réponse au stress plus rigides et moins fonctionnels.