Plus de sept millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence au Soudan du Sud, soit environ la moitié de la population de ce pays déchiré par un conflit armé, a alerté le Programme alimentaire mondial (PAM) vendredi.
Le PAM a dénoncé cette «situation alarmante» au Soudan du Sud, précisant qu’il était engagé dans une «course contre la montre» pour intensifier son intervention.
«Nous parlons de 7,2 millions de personnes qui affichent un besoin urgent d’aide alimentaire», a déclaré devant la presse à Genève, Mutinta Chimuka, directrice du PAM pour le Soudan du Sud, jointe par visioconférence depuis la ville de Bor, dans l’Etat de Jonglei, dans le centre du Soudan du Sud. «La situation est critique et exige une intervention immédiate pour sauver des vies, car les personnes qui ont désespérément besoin d’aide sont en danger», a indiqué le PAM dans un communiqué publié au même moment. Le chef des opérations humanitaires des Nations unies, Tom Fletcher, avait averti le mois dernier que ce pays d’Afrique de l’Est risquait de sombrer dans une «famine généralisée» et «l’effondrement».
Le Soudan du Sud a accédé à l’indépendance en 2011, mais a rapidement sombré dans l’insntabilité et reste en proie à l’extrême pauvreté, l’insécurité et la corruption. L’accord de partage du pouvoir conclu en 2018 entre le président Salva Kiir et son rival de longue date, Riek Machar, s’est effrité depuis l’année dernière, et les affrontements de ces derniers mois ont ramené le pays au bord d’une guerre civile totale.
Le PAM a averti vendredi que des centaines de milliers de personnes du Jonglei étaient confrontées à une «faim et une malnutrition catastrophiques», dont 12.000 sont actuellement considérées comme étant en situation d’insécurité alimentaire extrême.


