« 1933 à 1945 ne doit plus jamais se reproduire », a déclaré une manifestante en référence à l’occupation nazie en Allemagne lors d’un rassemblement contre l’extrême droite.
Face à la montée de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans les sondages, près de 20 000 personnes ont convergé samedi 4 juillet vers la ville d’Erfurt où se tenait le congrès annuel du parti.
Les manifestants se sont déplacés dans d’énormes convois de bus, selon la police, pour empêcher la tenue de l’événement. Cependant, la plupart des délégués de l’AfD ont réussi à rejoindre le centre des congrès, a indiqué la police. Il a commencé à l’heure.
« L’AfD est un parti antidémocratique qui diffuse la haine »
« Il est important d’envoyer un signal contre la dérive vers la droite », a déclaré à l’AFP la manifestante Lene Krug, 19 ans, originaire de Gera, à l’est d’Erfurt.
« L’AfD est un parti antidémocratique qui diffuse la haine », a ajouté la jeune femme en formation pour devenir infirmière, qui se rend à sa toute première manifestation.
Les premières heures des manifestations se sont déroulées pacifiquement. Seules de légères échauffourées ont été signalées, des milliers de policiers étant déployés pour protéger le congrès.
« Exprimer des opinions est légitime (…) la violence et la casse ne le sont pas », a insisté vendredi dans un message vidéo le maire CDU (droite) d’Erfurt, Andreas Horn.
À l’ordre du jour, la réélection des coprésidents de l’AfD, Alice Weidel et Tino Chrupalla, qui ont fait de ce parti anti-immigration et prorusse la première force d’opposition du pays lors des législatives de 2025.
Pour les détracteurs de l’AfD, combattre ce parti est un devoir, du fait du poids du passé nazi et des efforts, selon eux, de mettre fin à la politique de mémoire et de contrition de l’Allemagne.
Certains voient dans la tenue du congrès de l’AfD à Erfurt le jour du 100e anniversaire d’un congrès nazi tristement célèbre à Weimar, tout près de là, une provocation délibérée, ce que la formation dément, évoquant un hasard du calendrier.


