
L’inflation record en Allemagne a frappé
beaucoup plus durement les personnes à faibles revenus, a indiqué jeudi le
président de l’Institut allemand de recherche économique, Marcel
Fratzscher.
« Le fossé social se creuse en ce moment, et encore plus que pendant la
pandémie », a déclaré M. Fratzscher aux médias allemands.
Etant donné que les personnes à faibles revenus consacrent la majorité de
leurs revenus aux produits de base tels que l’énergie et la nourriture,
elles ressentent les effets de l’inflation trois fois plus fortement que
les personnes à hauts revenus, a souligné M. Fratzscher.
Une tendance similaire peut également être observée parmi les entreprises
allemandes. « Certains grands acteurs réalisent de gros bénéfices même en
cette période, alors que de nombreuses entreprises de taille moyenne (…)
survivent à peine », a affirmé M. Fratzscher.
Une étude publiée jeudi par l’Institut de recherche économique et sociale
de la Fondation Hans Boeckler a révélé que l’écart financier entre les
ménages situés sous le seuil de pauvreté et le revenu médian s’était déjà
considérablement creusé avant le début de la pandémie de COVID-19.
Cette évolution constituait une « position de départ extrêmement mauvaise
pour les tests de stress social continu » que représentent la pandémie en
cours, le conflit Russie-Ukraine et l’inflation record, a estimé la
fondation.
Selon l’Office fédéral de la statistique, le taux d’inflation en Allemagne
a atteint 10,4 % en octobre, soit le niveau le plus élevé depuis 1990.
Cette évolution est principalement due à la hausse des prix de l’énergie et
des denrées alimentaires, qui ont respectivement augmenté de 43 % et de 20
% en glissement annuel.


