Santé & Bien-être

Antidépresseurs : un simple comprimé pourrait-il imiter les bienfaits du sport ?

Des scientifiques explorent actuellement le potentiel de molécules capables d’imiter les effets antidépresseurs du sport. Une piste pour les patients qui ne peuvent pas pratiquer d’activité physique régulière.


L’ESSENTIEL

  • Des chercheurs étudient des molécules capables d’imiter les effets biologiques de l’exercice.
  • Ces « exercise mimetics » pourraient aider les patients dépressifs incapables de pratiquer une activité physique.
  • Des essais cliniques sont désormais nécessaires.

Nous sommes nombreux à courir pour nous sentir mieux mieux dans notre peau. Les études scientifiques le confirment : l’activité physique améliore l’humeur et peut, dans les cas de dépression légère à modérée, être aussi efficace que les antidépresseurs ou la psychothérapie. Sauf que la fatigue et le manque de motivation liés à la dépression empêchent souvent de bouger. Au Canada, des chercheurs de l’Université d’Ottawa (uOttawa) proposent aujourd’hui une piste inédite : les « exercise mimetics », des molécules capables d’imiter les effets biologiques du sport. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Molecular Psychiatry.

Pirater l’axe muscle-cerveau

Le concept n’est pas né en laboratoire, mais à la salle de sport. « L’exercice a des effets antidépresseurs remarquables, mais beaucoup de personnes qui en bénéficieraient le plus ne peuvent pas pratiquer une activité physique régulière en raison de barrières fonctionnelles ou psychologiques, explique le Dr Nicholas Fabiano, psychiatre à uOttawa et auteur principal de l’étude, dans un communiquéNous nous sommes donc demandé : existe-t-il un autre moyen d’envoyer ces signaux biologiques au cerveau ? »

Les chercheurs s’appuient sur un constat : le muscle est un véritable organe endocrine. « Le muscle squelettique constitue environ 40 à 50 % de la masse corporelle chez l’adulte et représente une plateforme thérapeutique centrale », souligne le Professeur Jasmin, qui a participé aux travaux. Lors de l’effort, les muscles libèrent en effet des molécules spécifiques, capables de réduire l’inflammation et d’augmenter les facteurs neurotrophiques favorables à la santé cérébrale. « En activant ces voies moléculaires clés grâce aux mimétiques, nous pouvons renforcer l’axe muscle-cerveau et potentiellement atténuer les symptômes dépressifs sans que le patient ait besoin de courir un marathon », précise-t-il.

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