
Des palettes d’eau minérale en bouteille entreposées en plein soleil ! Ce sont là des scènes quotidiennes qui interpellent plusieurs clients des épiceries et supermarchés à Oran.
De nombreux commerçants stockent leurs palettes d’eau minérale à l’extérieur en raison du manque d’espace intérieur.
Y a-t-il de quoi s’inquiéter quand on sait que dans l’étiquette il est toujours indiqué: «conserver à l’abri de la lumière directe du soleil et dans un endroit propre, sec et à température contrôlée» ? La réglementation ne définit pas les conditions exactes de stockage des eaux conditionnées.
La loi ne préconise aucune condition particulière pour le stockage de l’eau en bouteille.
De leur côté, les associations de consommateurs conseillent aux commerçants de ne pas stocker les produits alimentaires au soleil.
L’Association de protection et d’orientation du consommateur (Apoce) estime que «le transport et le stockage des bouteilles d’eau minérale au soleil présentent un vrai danger sur la santé des consommateurs ».
«La plupart des bouteilles d’eau sont fabriquées à partir de polymère de téréphtalate d’éthylène, ou PET en abrégé. Comme pour les produits en plastique qui entrent en contact avec les aliments, la migration de ces substances dans les aliments ne doit pas dépasser 60 mg par litre d’eau. Ce seuil s’appelle la limite de migration globale», explique, de son côté, Mme Messaoudène, chimiste à la retraite ayant travaillé durant de longues années au service des eaux à l’APC d’Oran.
«La chaleur catalyse les échanges moléculaires. Le PET se dégrade légèrement même après des mois d’exposition aux rayons ultraviolets du soleil», soutient cette spécialiste. En revanche, l’experte est plus réservée sur «la présence croissante de PET recyclé dans les bouteilles».
«Il est difficile d’identifier les impuretés qui peuvent être présentes dans le PET», dit-elle.
L’eau du réseau et l’eau en bouteille sont régies par la législation sur les denrées alimentaires et elles sont bien évidemment tenues d’être potables, c’est-à-dire salubres sur les plans microbiologique, physique et chimique.
La loi ne les place toutefois pas dans le même panier et leur impose des contraintes différentes.
L’eau minérale doit être issue d’une source pure et ne doit donc subir aucun traitement.
Le plastique (du PET) des bouteilles d’eau est accusé de libérer dans l’eau divers produits, notamment des perturbateurs endocriniens, ces substances qui déstabilisent les fonctions hormonales.
«Si cela n’a pour l’heure pas été prouvé, des recherches restent à faire dans ce domaine», admet la spécialiste.
Dans un rapport publié le 22 août 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) précise que même si elle est temporairement placée en plein soleil ou stockée dans l’obscurité à température ambiante, l’eau contient des microplastiques.
Les polymères les plus couramment trouvés dans l’eau potable, y compris l’eau du robinet, sont le PET et le polypropylène.
Les dangers potentiels de l’ingestion de ces particules restent inconnus.
Dans son rapport, l’OMS précise qu’«il n’y a pas d’études sur les effets des microplastiques ingérés sur la santé humaine.
Ilyès N


