Tel un chicot encrassé de tartre, l’ex-décharge muni cipale, fermée en 2012, trône sordidement à l’entrée de la double voie menant aux Andalouses, à hauteur du village de Cap Falcon, en plein cœur de la ZET, une zone touristique, qui est hélas loin de refléter l’image de son somptueux dénominatif.
Celle-ci a été éradiquée en 2012 après la réalisation d’un centre d’enfouissement technique (CET), répertorié dans la commune d’El Ançor. Depuis et malheureusement en l’absence d’esprits créatifs pour tenter de récupérer à bon escient son assiette, qui s’étend sur 14 hectares, cette ex-décharge semble, au fil du temps, et dans une insolente indifférence des uns et des autres, renaître ostensiblement de la grande variété de ses détritus.
En effet, selon le constat, cette ancienne décharge s’est transformée avec le temps en un lieu de déversement de toutes sortes de déchets de matériaux de constructions ainsi que des ordures ménagères également. Et comme le ridicule ne tue point, des bergers guident même leur troupeau de moutons et de vaches pour paitre à l’intérieur de cette immense superficie, tapissée en grande partie d’herbes folles et de divers détritus.
Suprême ironie, cette ancienne décharge municipale a été inscrite, après son éradication en 2012, sur une liste des propositions de projets d’utilité publique, présentées par la daïra d’Aïn El Turck à la wilaya et ce, dans le cadre du programme quinquennal 2013/2017. Il avait été question à l’époque d’une étude de faisabilité pour un projet de grande envergure, relatif à la réalisation sur la superficie de 14 hectares d’un parc aquatique et d’un lieu de détente pour les familles, ainsi que des aires de jeux pour enfants.
Un projet mort-né en toute vraisemblance et ce, bien qu’il avait été accordé par la wilaya d’Oran. Notons encore que cette proposition d’inscription de réalisation d’un parc aquatique avec toutes les commodités nécessaires, qui devaient répondre aux normes universelles, a été formulée lors d’un conclave ayant regroupé les exécutifs communaux des quatre APC ainsi que les responsables des différents services concernés, sous la présidence de l’ex- chef de daïra de cette époque.
Le projet en question a constitué l’un des principaux thèmes lors de cette rencontre. Cependant, il demeure à ce jour, soit 14 années après, toujours en veilleuse et ne semble nullement prêt d’être réalisé. Notons encore que des individus ont tenté d’exploiter la superficie en question à l’abandon pour construire des masures dans le but évident de favoriser la naissance d’un bidonville. Surpris en flagrant délit, ils ont été aussitôt délogés manu militari par les forces de la gendarmerie nationale. Toujours est-il qu’exécrablement livrée aux caprices de la nature et aux actes d’incivisme, cette ex-décharge s’ajoute à la longue liste des biens communaux, essaimés à travers les quatre communes de cette partie de la wilaya d’Oran, qui demeurent squattés depuis des années par des familles sinistrées.
Le cas à titre d’exemple de l’ex -fourrière municipale sise dans la localité de St Germain, à Aïn El Turck, qui a été squattée par des familles sinistrées durant… 25 années avant d’être évacuée quelques mois auparavant.
Rachid Boutlélis


