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Donald Trump évoque à nouveau un troisième mandat, sa « méthode » pour y arriver est-elle réalisable ?

Jamais deux sans trois ? Dans une interview pour NBC dimanche, Donald Trump a de nouveau affirmé qu’il envisageait sérieusement un troisième mandat présidentiel. Le républicain a ainsi assuré qu’il ne « blague pas » sur sa volonté de prolonger son bail à la Maison-Blanche.

« Il y a des méthodes pour faire ça », a-t-il affirmé, assurant que « beaucoup de gens veulent [qu’il le] fasse ». Sans apporter d’élément concret, il a toutefois ajouté qu’il était « bien trop tôt pour y penser ».

Avec un mandat effectué de 2017 à 2021, puis un second entamé en janvier 2025, Donald Trump est devenu le deuxième président américain seulement à exercer à Washington de façon non consécutive. Pourrait-il désormais faire un troisième mandat ?

Techniquement à ce jour, tel que le prévoit la Constitution américaine, la réponse est non. « Nul ne peut être élu plus de deux fois à la fonction de président », indique son 22e amendement.

Le seul recours pour Donald Trump serait donc une modification de la Constitution. Un élu républicain du Tennessee a déjà déposé en janvier une proposition de révision de la Constitution pour relever la limite à trois mandats, mais cette tentative semble vouée à l’échec.

Amender la Constitution américaine suppose en effet de réunir une majorité des deux tiers au Congrès – que les républicains sont loin d’avoir – avant une ratification par les trois quarts des États américains (soit au moins 38 sur 50) au mois. Des seuils qui rendent une telle modification peu probable.

Faire élire JD Vance en 2028

Dans cette optique, Donald Trump laisse entrevoir une autre méthode, inédite à ce jour : le scénario dans lequel le vice-président JD Vance se présenterait à l’élection présidentielle de novembre 2028, l’emporterait, et céderait ensuite sa place à son colistier nommé… Donald Trump. Sur NBC dimanche, le président républicain a répondu que c’était « une » méthode, ajoutant qu’il « y en avait d’autres ».

Ce scénario serait certainement confronté à des contestations juridiques, car des critiques pourraient faire valoir qu’il est contraire au 12e amendement. Celui-ci stipule notamment que « nul ne peut être élu vice-président des États-Unis s’il ne remplit pas les conditions requises par la Constitution pour être élu président ».

Par ailleurs, Donald Trump n’avait pas hésité, durant sa campagne présidentielle, à citer en exemple les quatre mandats effectués par Franklin D. Roosevelt. Effectivement élu à quatre reprises – en 1932, 1936, 1940 et 1944 –, il avait été président pendant 13 ans, avant son décès en avril 1945 au cours de son quatrième mandat. Mais c’est justement après sa présidence d’une longévité exceptionnelle qu’une limite constitutionnelle avait été adoptée en 1947. Elle était entrée en vigueur quatre ans plus tard.

Si Donald Trump est aussi motivé pour se battre pour un troisième mandat, c’est peut-être aussi pour marcher dans les pas des présidents russe et chinois. Vladimir Poutine, élu en 2012, a depuis fait valider des réformes constitutionnelles qui lui permettront de rester en fonction au moins jusqu’en 2036. Xi Jinping a lui été élu pour un troisième mandat en 2023 après que son gouvernement a modifié la Constitution chinoise pour supprimer les limites de mandat existantes. Cela a ouvert la voie à un éventuel mandat à vie pour le dirigeant chinois.

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