
Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique veut accélérer le projet de la généralisation de l’usage de la langue anglaise à l’université. C’est ce qui a été affirmé lors d’une réunion de coordination qui s’est tenue, jeudi dernier, à la bibliothèque centrale universitaire de l’université Mohamed Benahmed Oran2, en prévision de la Conférence régionale des universités de l’Ouest.
Durant les travaux, les participants se sont également penchés sur le schéma directeur du numérique et la création de pôles d’excellence. Dans une récente correspondance adressée aux présidents des conférences régionaux des universités, le ministère a exhorté les responsables du secteur de promouvoir l’utilisation de la langue anglaise dans l’enseignement supérieur. Un programme sera mis en place pour former des enseignants en langue anglaise, dès cette année universitaire. Le projet de la généralisation de l’anglais dans les cursus universitaires est ainsi lancé.
Ceci intervient dans un contexte marqué par la décision qui consacre l’enseignement de deux langues étrangères dès la 3e année primaire dans l’école publique. Les pédagogues s’accordent à assurer que deux langues étrangères ne surmènent pas les élèves. Dans ce sens, le niveau de compétence des enseignants constitue l’enjeu principal. Les études scientifiques plaident en faveur de l’enseignement précoce des langues étrangères.
«Le succès de l’apprentissage d’une langue étrangère à l’école primaire dépend beaucoup d’un enseignement adapté aux capacités cognitives des élèves et des ressources à disposition», expliquent les experts.
Les enfants ont un autre avantage: ils sont plus habiles dans l’apprentissage de la prononciation et de l’intonation des langues. L’apprentissage précoce constitue un avantage indéniable. La grande majorité des enfants du primaire sont motivés par l’apprentissage de n’importe quelle langue, qu’elle soit étrangère ou maternelle.
L’apprentissage de deux langues étrangères à l’école primaire est tout à fait réalisable, sans aucun risque de surcharge pour la majorité des élèves. Le plurilinguisme a ceci comme avantage: l’apprentissage des langues étrangères permet d’acquérir une manière différente d’appréhender le monde et de l’exprimer. De son côté, l’université algérienne doit publier et former ses chercheurs en anglais. Nos universités doivent demander à leurs chercheurs de préserver leur diversité linguistique.
Une formation universitaire véritablement ouverte et internationale est nécessairement plurilingue. L’anglais est une langue utile et son usage dans l’enseignement est essentiel. Donner des cours en anglais se justifie dans un but d’ouverture car cela élargit les horizons de la transmission des connaissances. Mais aucun cursus ne devrait être intégralement en anglais. La présence de l’anglais dans le monde académique est constamment souhaitée.
Ilyes. N


