
C’est un véritable climat de tension qui règne ces derniers jours au sein de l’ESS. La crise financière qui secoue le club, plonge tout le monde à Sétif et dans les autres fiefs ententistes, dans l’inquiétude. Ne pouvant plus supporter une telle situation, joueurs, dirigeants et même le coach Hossam Al Badry ont menacé de quitter le navire.
D’ailleurs, l’entraineur égyptien a annoncé ouvertement son envie de partir juste après la rencontre face au Paradou AC, prévue mercredi prochain à Dar El Beida pour le compte de la 11e journée du championnat de Ligue 1. Le technicien de 62 ans s’est plaint du manque de moyens. Selon lui, «il n’y a pas de tenues, pas de primes. Il n’y a pas de moyens financiers malgré les efforts de la direction».
«Je me dois d’être raisonnable», a confié Hossam Al Badry au cours d’une conférence de presse, et de poursuivre : «Les éléments qui mènent au succès doivent être mis à disposition et ce n’est pas le cas à l’ES Sétif… Je suis obligé de prendre cette décision de partir après la rencontre contre le PAC car une solution à court terme n’est pas acceptable pour moi».
Cette sortie médiatique pour le moins surprenante d’Al Badry n’a pas manqué de faire réagir les membres de la famille ententiste, notamment les anciens joueurs, toutes générations confondues. Ces derniers estiment que le club cher au regretté Mokhtar Aribi mérite d’être pris en charge par une société nationale, capable de donner un nouveau souffle à l’équipe sétifienne. Une équipe qui reste tout de même l’une des plus titrées en Algérie pour avoir remporté plusieurs titres sur les plans local, continental et régional.
C’est en outre le seul club algérien à avoir participé à la Coupe du monde des clubs en 2014 après sa consécration en Ligue des champions d’Afrique, une première également sur le plan national. Tout le monde ne cesse, du reste, de poser la question du deux poids deux mesures prise par les pouvoirs publics qui ont accordé des faveurs à certains clubs en leur associant de grandes boîtes étatiques telles Sonatrach et certaines de ses filiales, Serport ou encore Madar, alors que la formation des Hauts Plateaux continue de survivre par le biais des subventions de l’Etat et les sommes d’argent accordées de temps à autre par les sponsors. Mais cela ne suffit pas pour une grande équipe comme l’ESS. Intervenant dans des vidéos publiées sur la page officielle facebook du club sétifien, les Abdellah Mattem, Bouzid Cheniti, Messaoud Koussa (ancien arbitre international), Amar Bernaoui, Malik Zorgane et Abdelhamid Rahmouni ont été unanimes à dire que «L’ESS, l’un des clubs les plus titrés d’Algérie, mériterait de par son histoire et le fait qu’il ait toujours représenté dignement les couleurs nationales, une attention particulière de la part des pouvoirs publics».
En clair, ils interpellent les plus hautes instances de l’Etat afin d’aider l’équipe de la cité de Ain El Fouara à se doter d’une entreprise publique pour l’accompagner et lui permettre une meilleure gestion sur le plan financier à même de lui garantir tous les moyens nécessaires pour son développement.


