
La Faculté de droit et des sciences politiques de l’Université de Djilali Liabes en coordination avec le laboratoire des établissements publics et du développement a organisé jeudi, le forum national sur la réforme de l’administration pénitentiaire en Algérie, à lequel ont participé des enseignants universitaires, chercheurs et cadres du ministère de la justice et des et l’administration pénitentiaire..
Une rencontre durant laquelle, les intervenants se sont accordés sur la nécessité d’amender la loi de réforme de 2005 pour poursuivre l’amélioration des établissements pénitentiaires, leur ouverture à la recherche scientifique et permettre aux chercheurs universitaires de mener des études plus approfondies et mettre à leur disposition des statistiques actuelles et aussi de mener une enquête au niveau des établissements pénitentiaires pour s’enquérir de visu sur l’application réelle des mesures adoptées par l’Algérie dans le cadre de la réforme de la gestion pénitentiaire.
Ils ont également appelé à la révision de certains des textes contenus dans la loi, organisant les prisons, notamment la liberté conditionnelle, une visite pour l’intimité conjugale légale, afin de préserver le lien familial et aider le détenu à s’intégrer dans sa société après l’expiration de sa période d’emprisonnement, et limiter le phénomène de récidive.
Par ailleurs, ils ont sollicité les décideurs à améliorer les conditions professionnelles des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire, puisqu’ils sont un élément efficace dans le processus d’intégration, en leur réservant un logement, la prise en charge sanitaire et psychologique, dans le but d’améliorer leur travail.
La société civile, l’observatoire national de la société civile et les associations ont également été invités à s’approcher des services extérieurs de l’administration pénitentiaire en charge de la réinsertion, pour se rapprocher des détenus après leur sortie de prison et à les aider à s’intégrer dans la société.
A travers les nombreuses communications, les interlocuteurs ont été unanimes que l’expérience algérienne dans la réforme de l’administration pénitentiaire a réussi et permis l’amélioration du fonctionnement des établissements pénitentiaires conformément aux normes internationales, aboutissant à la réinsertion des détenus dans la société .
Le directeur de la recherche et de la réinsertion des détenus, Dr Kada Belghitri Fadloun, a révélé que les critères sur lesquels s’appuyait la commission interministérielle pour faire aboutir sa politique de réinsertion, pendant la peine de prison et après son expiration et qui ont contribué à accompagner le détenu à tous les niveaux, y compris son accès au travail, à l’apprentissage et à l’insertion sociale.
Les reformes pour la réinsertion des détenus et la prévention de la récidive ont permis de réaliser des résultats positifs en témoigne dira t-il, la réussite de 2176 détenus au baccalauréat au cours de l’année 2021/2022 et 890 détenus ont obtenu leur BEM, tandis que 36328 détenus se sont inscrits pour des stages de formation professionnelle pour la session du mois d’octobre, et 55000 détenus sont prévus à la rentrée du mois de février, et au cours de l’année 2021/2022,un total de 36.328 détenus ont été inscrits dans 129 spécialités tandis que 83 722 détenus dans les établissements pénitentiaires ont obtenu un certificat d’artisan depuis 2009.
Outre 134 établissements pénitentiaires qui enseignent le saint coran et le hadith nabawi cherif au profit de 7705 prisonniers.
L’interlocuteur a affirmé la participation de l’administration pénitentiaire au projet du barrage vert pour cette année.
Par ailleurs, 84 622 détenus ont bénéficié du congé de sortie sans surveillance, pour passer 10 jours avec leurs familles et 4 431 détenus ont bénéficié d’une semi liberté pour étudier ou travailler, et 375 les détenus dont la peine était inférieure à trois ans étaient placés sous surveillance électronique.
Dans son intervention, le professeur Mahdaoui Mohamed Saleh de la faculté de droit de l’université d’Ain Temouchent a animé une conférence sur les systèmes de rééducation et de réinsertion selon la législation algérienne.
Il a mis en exergue les avantages dont jouissent les détenus notamment la semi liberté pour les études, la libération conditionnelle et le congé de sortie et indiquera que pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie, un détenu a soutenu sa thèse de doctorat dans son établissement pénitentiaire et l’obtient.
Il a souligné que l’administration pénitentiaire ne s’est pas ouverte pas aux chercheurs universitaires et ce en raison des lois qui régissent les prisons.
Les organisateurs du forum national ont programmé 26 conférences au cours de la journée et organisé une exposition des oeuvres réalisés par les pensionnaires du pénitencier de Sidi Bel Abbés.
Fatima A


