
Un comité technique composé de représentants de la Direction des services agricoles, de la chambre d’agriculture, de la coopérative des céréales et des légumes secs (CCLS), ainsi que de la station de protection des végétaux (INPV) de Misserghine, ont effectué, mardi dernier, les premières sorties de terrain à Oued Tlelat pour mener une évaluation des grandes cultures.
L’opération vise à faire une estimation préliminaire du rendement notamment dans la filière céréalière à Oran.
Des fiches techniques dédiées aux grandes cultures sont conçues pour regrouper des informations pratiques et régulièrement actualisées et sont mises à disposition des acteurs de la filière.
En dépit de son climat semi-aride, une faible pluviométrie et sa petite surface agricole utile, la wilaya d’Oran a fait du développement des grandes cultures agricoles une priorité, en consentant de gros investissements publics sous forme d’aides et de subventions.
La céréaliculture a fait d’énormes progrès ces dernières années.
La superficie emblavée dépasse les 40.000 ha, pour les divers produits dont 72% d’orge.
La majeure partie des surfaces cultivées à Oran est consacrée aux grandes cultures qui couvrent 56% de la surface agricole.
«Les cultures les plus répandues sont celles des céréales. Les céréales jouent un rôle important dans la rotation des cultures (assolement). On les distingue en deux groupes: les panifiables, destinées à la consommation humaine et les fourragères utilisées pour nourrir les animaux», explique un agronome des services agricoles.
Pour ce dernier, «la direction des services agricoles vise à produire de façon efficace et rentable des produits végétaux de haute qualité destinés à l’alimentation humaine ou à l’affouragement du bétail, tout en préservant durablement la fertilité des sols et l’environnement ».
Les acteurs du secteur misent sur les innovations technologiques pour augmenter les rendements.
Prêts publics à taux d’intérêt bonifiés, formalités administratives facilitées ou encore promotion des produits locaux, les autorités en charge du secteur agraire multiplient les mesures incitatives pour favoriser la production locale.
La céréaliculture est un secteur stratégique appelé à assurer l’autosuffisance alimentaire dans une conjoncture internationale marquée par des tensions géostratégiques.
L’objectif est l’extension des superficies irriguées au moyen du goutte à goutte pour accroître le rendement de la céréaliculture à 32 quintaux/hectare dès 2024.
«L’appui à l’investissement agricole, le suivi de la disponibilité des intrants et la vulgarisation technique pour l’amélioration du rendement des cultures», sont les principales revendications des céréaliculteurs oranais que nous avons interrogés.
Les agronomes soulignent la nécessité de «recourir davantage aux techniques modernes et à focaliser sur la qualité des semences en mettant l’accent sur les biotechnologies pour assurer une meilleure productivité des terres et d’innover en matière de nouvelles variétés plus résistantes à la sécheresse et pouvant même être cultivées dans les eaux saumâtres, vu la rareté de l’eau.» La politique agroalimentaire doit être adossée à une stratégie à la fois alimentaire et sanitaire.
Ilyes. N


