
Un pas décisif a été franchi dans le processus de création d’un conseil scientifique chargé d’accompagner la future entité de gestion des îles Habibas, un site naturel emblématique classé réserve maritime par l’Unesco depuis 2003.
Conformément aux orientations du wali d’Oran, Samir Chibani, une réunion de coordination s’est tenue récemment au siège de la direction de la pêche et de l’aquaculture, sous la présidence du chef de la station de pêche d’Arzew, représentant du directeur de la pêche. Cette rencontre a rassemblé plusieurs experts et acteurs concernés par la protection et la valorisation des îles Habibas.
Étaient notamment présents : le directeur de l’établissement public de gestion du parc d’attractions, mandaté pour mettre en place la nouvelle unité de gestion, le président de l’association Barbarous, le directeur du laboratoire de génie maritime (LSIM) de l’USTO, la vice-doyenne de la faculté des sciences biologiques de l’université Oran 1, ainsi que des enseignants-chercheurs et des cadres techniques du secteur.
L’objectif de ce conseil scientifique sera d’assurer un suivi rigoureux de l’écosystème marin des îles, d’élaborer des plans de conservation adaptés et de promouvoir la recherche appliquée au service d’une gestion durable. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des engagements exprimés par la ministre de l’Environnement et de la Qualité de vie, qui avait souligné lors de sa dernière visite à Oran la nécessité de doter les îles d’un dispositif de gestion spécialisé, en vue de leur classement futur en réserve naturelle protégée.
Situées à près de 10 km au large de la côte oranaise, face à la plage de Madagh, les îles Habibas appartiennent à la commune de Aïn El Kerma. L’archipel, composé de deux îles principales et d’un chapelet de rochers, est reconnu depuis 2005 comme Aire Spécialement Protégée d’Importance Méditerranéenne (ASPIM).
L’île principale, Touria, s’étend sur 1 200 mètres de long et culmine à 103 mètres, où trône un phare emblématique. Un mouillage naturel sur sa côte sud permet l’accostage des petites embarcations. Ce site exceptionnel a attiré l’attention de nombreuses figures de la protection de l’environnement, à l’image du commandant Cousteau qui y accosta en 1977 avec La Calypso, qualifiant les lieux de « l’un des 100 derniers cailloux perdus de la Méditerranée ».
En 2008, la fondation Nicolas Hulot y avait conduit une mission scientifique dans le cadre du projet Petites îles de Méditerranée, en coopération avec le Commissariat algérien du littoral.
Aujourd’hui, la création d’un conseil scientifique marque un tournant prometteur pour préserver durablement ce patrimoine naturel d’exception.


