
A Oran, sur la trentaine de salles de cinéma encore fonctionnelles et ouvertes au public, la quasi-totalité ont définitivement disparu du paysage culturelle de la deuxième ville du pays.
Faute d’une réelle prise en charge de ces établissements, conjuguée à la régression culturelle, observée d’ailleurs partout en Algérie, seules deux salles de cinéma Es- Saâda (ex-le Colisée) et Le Maghreb (ex-le Régent), en l’occurrence continuent de faire de la résistance, grâce à une décision fort judicieuse. En effet, ces deux salles obscures resteront sous la responsabilité du secteur de la culture.
C’est le wali d’Oran, Saïd Sayoud, qui a pris cette décision, il y a quelques mois, lors de l’une des réunions de son Exécutif. Pour rappel, ces deux salles étaient gérées par l’APC mais, il y a quelques années, notamment avec l’organisation du festival du film arabe, celles-ci ont été attribuées au secteur de la culture qui a investi dans la rénovation et même, en ce qui concerne Es-Saâda, dans l’équipement de projection et de sonorisation cinématographique moderne (DCP). C’est cet investissement qui a notamment été mis en avant pour justifier la décision de prolonger le contrat de gestion au profit du secteur de la culture.
En effet, en dehors du festival, par le biais de l’ONCI, une belle série de films récents (nationaux ou mondiaux) avaient bel et bien été acquis et projetés. Une véritable dynamique visant à faire revivre le cinéma à Oran (et en Algérie par extension) mais qui a malheureusement été stoppée par la pandémie du Covid et les mesures restrictives qui avaient suivi. Certains au sein de l’APC veulent que celle-ci les reprennent, arguant de la fin de la durée du contrat, mais la wilaya rétorque en ordonnant la prolongation. A de rares exceptions, les salles d’Oran sont à l’abandon. Le projet de rénovation mené par l’APC pour Marhaba (ex-Escurial) n’a toujours pas abouti, la salle n’ayant pas encore été livrée et sa destination pour le cinéma n’est pas un fait acquis d’avance.


