
La Pologne utilisera des mines antipersonnel et antichars pour défendre sa frontière orientale face à la menace croissante de la Russie, a annoncé vendredi le vice-ministre polonais de la Défense à l’Associated Press, alors que le pays se retire officiellement d’une convention internationale interdisant l’utilisation de ces armes controversées.
La Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel de 1997, aussi appelée le Traité d’Ottawa, interdit aux États signataires de détenir ou d’utiliser ces mines, qui peuvent persister pendant des années et sont connues pour avoir causé d’importantes souffrances aux civils dans d’anciennes zones de conflit, notamment au Cambodge, en Angola et en Bosnie-Herzégovine.
La Pologne, qui avait ratifié le traité en 2012 et achevé la destruction de son stock national de mines antipersonnel en 2016, s’en est retirée vendredi et annonce son intention de reprendre la production de ces armes.
«Ces mines constituent l’un des éléments les plus importants du dispositif de défense que nous mettons en place sur le flanc est de l’OTAN, en Pologne, à la frontière avec la Russie au nord et avec le Bélarus à l’est», a soutenu Paweł Zalewski, vice-ministre polonais de la Défense.
Il a ajouté que la Pologne devait se défendre contre la Russie, un pays qui «nourrit des intentions très agressives envers ses voisins» et qui n’a jamais adhéré au traité d’Ottawa.
Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, les pays voisins réévaluent leur participation au traité international. L’année dernière, Varsovie s’est jointe à la Finlande, aux trois États baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) et à l’Ukraine pour annoncer son retrait du traité.
La Russie fait partie des quelque trente-six pays, avec les États-Unis, qui n’ont jamais adhéré au traité d’Ottawa.


