
A Oran, le squat des biens de l’Etat prend des tournures multiformes. Il s’est généralisé à telle enseigne qu’il continue à faire suer les responsables locaux en quête de solutions. En effet, l’on assiste à une véritable frénésie qui s’est emparée des squatteurs, qui manifestement ne veulent lâcher.
Le phénomène touche aussi bien les caves et les terrasses des immeubles que des biens domaniaux, des espaces forestiers ainsi que des exploitations. C’est le branle-bas de combat, crise du logement oblige.
A Oran-ville, des dépôts appartenant à l’APC sont squattés par d’anciens travailleurs communaux, d’ex-élus et même des responsables actuels ou leurs proches. Le cas de l’hôtel de la Gare qui appartient également à la mairie d’Oran, illustre à merveille la prolifération de ce fléau et l’impunité qui l’accompagne.
En effet, pour l’APC d’Oran, ledit hôtel peut servir de lieu d’hébergement des personnalités venant à Oran dans le cadre des visites officielles, de travail et de prospection.
Une telle vision des choses a, selon la mairie d’Oran pour but d’alléger la municipalité d’Oran des lourdes factures qu’elle engage en assumant les frais d’hébergements à l’occasion de chacune des visites officielles.
Pour le moment, la récupération dudit hôtel n’est simplement qu’illusion. Car, il est tout simplement squatté par des tierces personnes qui l’ont occupé illégalement pendant de longues années.
Un tel phénomène sévit sérieusement dans la deuxième ville du pays et, pour laquelle les autorités locales ambitionnent de donner le statut d’une ville métropolitaine devant rivaliser avec les grandes villes de la Méditerranée.
Dans un passé récent, des dépôts situés à Gambetta, plus précisément à proximité de la salle des fêtes «Les Falaises», a fait les frais de cette pratique. Un autre dépôt appartenant à la DTNM à hai Oussama (Boulanger), ainsi que d’autres « biens» de la collectivité ne sis au quartier Toro, à Coca et El Hamri, ont été squattés.
A ce patrimoine immobilier de la plus grande commune du pays qui semble avoir été « privatisé » par des personnes se croyant audessus des lois de la République, il y a lieu d’ajouter les anciennes salles de cinéma devenues des hôtels et bien sûr le stade CALO vendu à des commerçants.
Par ailleurs, il est indéniable de souligner que d’autres communes oranaises comme Misserghine où la cave a été vendue en lots.
Il en est de même pour des dizaines de citoyens qui se sont accaparé des espaces importants qu’ils se sont répartis en petits lots de terrains sis douar Boudjemaâ, localité située dans la partie est de la ville d’Oran.
Ces squatteurs ont été appuyés par des courtiers qui leur ont promis la régularisation administrative des terres squattées contre le versement d’un montant de 7000 à 10.000 dinars.
D’autres ont, selon des témoignages, procédé à la vente, à 3000 DA le mètre carré, des terrains appartenant aux domaines. Au total, ce sont près d’une cinquantaine de personnes qui se sont partagé un terrain vague en 200 lots.
Quelques mois auparavant, des dizaines d’individus ont envahi un grand espace dans le lieu-dit Rocher relevant du secteur urbain de Bouamama, tandis que plusieurs autres se sont installés le plus normalement du monde dans une ferme agricole à Chteibo, rattachée administrativement à la commune de Sidi Chahmi.
Badro B.


