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L’EHU Oran : une percée médicale majeure avec l’autogreffe de cellules souches

Une page d’espoir et d’innovation médicale vient de s’écrire à l’Établissement Hospitalier Universitaire (EHU) « 1er Novembre 1954 » d’Oran.

Sous l’impulsion de jeunes talents et d’équipes pluridisciplinaires, l’hôpital a mis en oeuvre avec un succès remarquable une technique de pointe : l’autogreffe de cellules souches hématopoïétiques, d’abord appliquée au traitement de cancers du sang à un stade avancé, puis étendue à la prise en charge de la sclérose en plaques.

Pilotée par le jeune hématologue Dr Belkacem Mansour (31 ans), cette procédure complexe a été administrée à 11 patients dont les pronostics étaient particulièrement sévères. Parmi eux figuraient un jeune homme, en phase terminale après un échec thérapeutique dans un centre spécialisé à Lyon, et une femme de 62 ans, au stade des métastases, première volontaire pour ce protocole expérimental.

Le principe de l’autogreffe repose sur un processus en plusieurs étapes: les propres cellules souches du patient, capables de régénérer l’intégralité du système sanguin, sont prélevées et cryoconservées. Le patient subit ensuite une chimiothérapie ou une radiothérapie à très haute dose, conçue pour éradiquer les cellules cancéreuses mais qui détruit également la moelle osseuse. Les cellules souches saines sont alors réinjectées par transfusion. Elles migrent vers la moelle, s’y réimplantent, et reconstituent en quelques semaines un système immunitaire et sanguin fonctionnel.

Cette « renaissance médullaire » permet d’administrer des traitements plus agressifs contre le cancer, sans risque de rejet puisque les cellules greffées sont celles du patient lui-même. Les résultats dépassent toutes les attentes : les 11 patients sont en rémission complète et jouissent actuellement d’une excellente santé, marquant un taux de réussite de 100 % pour cette cohorte. Bien qu’il soit prématuré de parler de guérison définitive dans le cadre du cancer, ces rémissions complètes représentent un espoir immense et une validation puissante de la technique et de l’expertise de cette équipe.

L’expertise de l’EHU d’Oran s’étend également à un autre front : celui des maladies neuro-dégénératives. Le service de neurologie, en collaboration étroite avec l’hématologie, a réalisé la première autogreffe de cellules souches pour traiter la sclérose en plaques (SEP) en Algérie. L’Unité des Maladies Inflammatoires en neurologie, a déjà exploré avec succès un protocole inédit : Il s’agit de prélever des cellules souches de la moelle osseuse du patient pour les réinjecter dans son système nerveux.

L’objectif est de profiter de leur capacité de régénération cellulaire pour atténuer les symptômes et freiner l’évolution de la maladie. Un premier patient, un jeune homme de 25 ans, a bénéficié de cette intervention il y a quelques mois, et les médecins suivent son évolution avec attention. Plus récemment, un deuxième patient d’une quarantaine d’années, atteint de SEP depuis 2009 et ne répondant plus aux traitements médicamenteux, a subi l’opération avec des résultats immédiats encourageants.

Après ce traitement innovant de l’autogreffe, le patient se porte désormais bien, il a repris une vie normale, récupérant sa capacité à marcher et à accomplir de nombreuses activités.

Ilyès N.

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