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Mascara : la bataille de «Djebel El Menaouer», l’un des événements majeurs de la Guerre de libération nationale

La bataille de «Djebel El Menaouer», dans la wilaya de Mascara, survenue le 5 septembre 1957, est considérée comme l’un des événements majeurs durant la glorieuse Guerre de libération nationale, en raison de la brillante victoire militaire remportée par l’Armée de libération nationale (ALN) contre les forces coloniales françaises, selon l’historien Lahcen Djaker, professeur d’histoire moderne et contemporaine à l’Université Mustapha-Stambouli de Mascara.

Dans une déclaration à l’APS, à l’occasion de la commémoration du 68e anniversaire de la bataille de «Djebel El Menaouer», M. Djaker a indiqué que le lieu du déclenchement de cette bataille historique se situe dans une zone stratégique de la 4ème région de la wilaya V historique, précisément au pied du Djebel El Menaouer, près de la frontière actuelle avec la wilaya de Relizane. Il a expliqué que cette bataille a été précédée d’une embuscade tendue par la katiba de «Si Redouane» contre une unité des forces d’occupation française dans la région d’Aïn Fares (Mascara). Victorieux, les moudjahidine se sont repliés vers le douar «Ouled Ali» à Tighennif pour reprendre des forces, avant de se diriger vers le douar El Amariche dans la tribu de Haboucha, commune d’El Menaouer, où se trouvait un centre de l’Armée de libération nationale (ALN).
La katiba de «Si Mahmoud», relevant de la sixième région de la wilaya V historique, a rejoint la katiba de «Si Redouane» pour préparer une nouvelle embuscade contre les forces coloniales françaises sur la route reliant Oued El Abtal (Mascara) à Relizane. Le chercheur en Histoire a précisé que les forces coloniales françaises ayant détecté les mouvements des deux katibas, ont mobilisé des unités de combat supplémentaires venant de toutes les régions de l’ouest du pays pour encercler les combattants de l’ALN. Plus de 20.000 soldats français, appuyés par des avions de combat et des blindés, ont été engagés dans cette opération militaire. A l’aube du 5 septembre 1957, les forces d’occupation ont imposé un blocus sur la zone où se trouvaient les deux katibas, qui ont quitté suite à ça, le centre de l’ALN pour se diriger vers le Djebel El Menaouer, à environ 12 km au sud.
La bataille a été engagée suite aux bombardements aériens massifs des forces françaises, qui ont causé la mort de nombreux civils, la destruction de leurs habitations et de leurs cultures, et l’abattage de leur bétail. Malgré ces bombardements intensifs, les moudjahidine ont réussi à atteindre le sommet du Djebel El Menaouer après deux heures de marche, et ont pris position pour affronter l’ennemi. Ils ont opposé une forte résistance aux troupes françaises, malgré la couverture aérienne et l’artillerie lourde dont disposait l’ennemi, qui se sont avérées inefficaces face au courage et à la ténacité des combattants de l’ALN. Les deux katibas, de «Si Redouane» et «Si Mahmoud», ont tenu bon pendant cette bataille inégale face au grand nombre de soldats français. Vers 16 heures, les forces coloniales ont effectué un parachutage massif de troupes, mais cela n’a pas changé l’issue de la bataille, les moudjahidine parvenant à briser le siège et à reprendre le contrôle du terrain. Les deux katibas ont ainsi réussi à évacuer les blessés, parmi lesquels le héros Si Redouane, grièvement blessé lors de cette bataille par des bombes au napalm interdites, utilisées par l’armée coloniale pour contrer les attaques des moudjahidine.
L’armée coloniale française a subi de lourdes pertes : 650 soldats tués, un nombre important de blessés, et la destruction de six avions, dont des hélicoptères et des avions bombardiers de type B-50 Mystère, Jaguar et avions de reconnaissance, en plus de nombreux véhicules endommagés. Les pertes de l’ALN s’élevaient à 69 moudjahidine tombés en martyrs, ainsi que dix civils de la région tués, et 23 blessés, la plupart atteints par des bombes au napalm, a détaillé M. Djaker. Il a également indiqué que Si Redouane a été évacué vers le douar «El Anatra» dans la wilaya de Mascara, où il a été capturé par une unité française spécialisée, puis transféré à l’hôpital de Sidi M’hamed Benaouda, dans la wilaya de Relizane, où il a succombé à ses blessures.
Soulignant la grande importance de cette bataille emblématique de la Révolution de Novembre, l’historien a appelé à documenter ses événements à travers la production de films documentaires, en encourageant la recherche historique scientifique sur cet événement important, et en multipliant les activités pédagogiques pour faire connaître cette bataille aux élèves des établissements scolaires et aux étudiants universitaires.

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