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Oiseaux migrateurs : le grand bal dans le ciel d’Oran

En ce début novembre, un impressionnant spectacle se joue au-dessus d’El Bahia. «Cette période marque le dernier acte de la grande migration postnuptiale : celui des oiseaux venus d’Europe et d’Asie tempérée, en route vers leurs quartiers d’hiver africains », explique un ornithologue de l’Observatoire des Zones Humides d’Oran, qui multiplie les sorties et les comptages dans le cadre des programmes internationaux de suivi migratoire.

Entre ciel et lagunes, la région oranaise est une halte vitale pour des milliers de voyageurs ailés. Les zones humides d’Oran, comme Sebkha d’Oran, Sebkha d’Arzew, ou encore les marais côtiers de Gdyel et Misserghine, jouent un rôle essentiel dans cette épopée.

Ces vastes étendues d’eau, parfois temporaires, offrent aux oiseaux un refuge pour se reposer et se nourrir avant de franchir le Sahara. En novembre, ces sites se transforment en véritables carrefours migratoires.

Les canards siffleurs, sarcelles d’hiver, flamants roses, bécasseaux, pluviers argentés ou encore spatules blanches y affluent. Au lever du jour, leurs vols synchronisés dessinent des arabesques lumineuses dans le ciel, tandis que les hérons garde-boeufs et les aigrettes se dispersent vers les zones agricoles avoisinantes.

Sur les crêtes du Murdjajo ou dans les plaines de Tafraoui, on peut encore observer, à cette période, les derniers busards des roseaux, faucons crécerellettes ou balbuzards pêcheurs poursuivant leur route vers le sud.

Plus discrets, les rougequeues, traquets, pipits et fauvettes profitent des vergers et des haies pour se nourrir d’insectes avant de traverser le désert. Certains, plus prudents, choisissent de passer l’hiver sur place.

Le climat doux du littoral oranais attire en effet de plus en plus d’hivernants : vanneaux huppés, grues cendrées, mouettes rieuses ou cormorans trouvent dans la région des conditions idéales pour séjourner jusqu’au printemps.

Pour les ornithologues et les passionnés de nature, novembre est une période d’observation privilégiée. L’Observatoire des Zones Humides d’Oran multiplie les sorties et les comptages dans le cadre des programmes internationaux de suivi migratoire.

Ces données contribuent à mieux comprendre les itinéraires des oiseaux et à mesurer l’importance écologique des sites oranais. Mais cette richesse reste fragile.

La pression urbaine, la pollution et la diminution des zones humides menacent ces haltes naturelles indispensables. Leur préservation n’est pas seulement une question de biodiversité : elle touche à l’équilibre écologique et au patrimoine vivant de toute une région.

Chaque migration rappelle la puissance des cycles naturels et la solidarité invisible qui relie les continents.

Lorsque, par un matin clair de novembre, un vol de flamants roses s’élève au-dessus de la Sebkha, c’est tout un monde qui passe, celui de la liberté, du souffle et du lien entre l’Europe et l’Afrique.

À Oran, ces voyageurs venus du nord nous rappellent, à chaque automne, que la nature écrit son histoire bien au-delà des frontières humaines.

Ilyès.N

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