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Pénurie de produits anesthésiants dans les hôpitaux : des interventions chirurgicales différées

Que se passe-t-il au sein de la plu part des hôpitaux du pays ? Des patients en attente d’être opérés ont dû regagner leur domicile en raison d’une pénurie de produits morphiniques antidouleur et d’anesthésiques.

Des proches de malades nous ont contactés pour nous alerter sur ce grave problème.
Seuls les cas vitaux autrement dit d’extrême urgence sont pris en charge selon des échos qui nous sont parvenus.
Dès lors à quel moment peut-on déclarer une urgence et engager le pronostic vital ? L’essentiel du propos n’est pas là.
La vraie et incontournable question revient à savoir pourquoi en 2023 un pays riche et «jouissant » d’équipements médicaux modernes peut-il manquer à ce point de médicaments de base indispensables à la pratique chirurgicale ? L’EHU du 1er novembre, à Oran par exemple, réputé pôle d’excellence, n’a pas été épargné par la crise et les équipes chirurgicales qui se trouvent en première ligne ont du mal à expliquer aux patients et à leur famille les raisons de cet arrêt.
D’où parfois des altercations et des plaintes.
Une situation révélatrice d’un malaise qui n’en finit pas d’empoisonner le secteur de la santé.
La création d’un ministère de l’Industrie pharmaceutique a laissé planer l’espoir d’une amélioration du système de distribution du médicament et une baisse du phénomène des pénuries.
Hélas, nous constatons sur fond de polémique une aggravation de la situation avec cette nouvelle crise touchant cette fois-ci les blocs opératoires privés de produits anesthésiants.
Quels arguments trouvera cette fois-ci le Ministre en charge de la production et du ravitaillement des structures de santé pour démentir le fait que des malades en attente de passer sur le billard ont été appelés à quitter l’hôpital pour quelques jours.
Le temps de combler le déficit en produits dits anesthésiques et morphiniques.
Les blouses blanches face à cet impondérable s’escriment tant bien que mal à filtrer les priorités.
Les personnes atteintes d’affections cardiovasculaires ou soumis à des séances de dyalise croisent les doigts.

 LES LOBBIES DU MÉDICAMENT À L’ORIGINE DE LA PÉNURIE ?

Le personnel médical, évidemment, déplore ces perturbations qui ont provoqué la grogne et le désarroi chez de nombreux malades.
N’a-t-on pas créé des observatoires de veille sanitaire pour anticiper les défaillances en matière de soins.
Nos élites médicales ont prouvé leurs compétences ici et ailleurs.
Nous possédons incontestablement les capacités humaines en mesure de rivaliser avec les meilleurs systèmes de santé à travers le monde mais l’intendance peine à suivre.
Nous avons acheté la modernité sans penser à la modernisation qui consis te à la mise en place d’un plan de management qui englobe tous les aspects inhérents au fonctionnement des établissements hospitaliers : gestion du matériel et des infrastructures, des ressources humaines, des équipements médicaux et leur entretien, des flux de malades, des pharmacies centrales etc..
Pourtant le numérique fait de grandes avancées dans la gestion des entités médicales.
Le succès relatif des cliniques privées vient précisément de ces paradoxes.
Un secteur public fort est une affaire d’hommes.
L’expérience nous a appris que lorsque, un Professeur chef de service est à cheval sur les règles d’hygiène, de ponctualité, de qualité de travail, les conditions de soins et qu’il est à l’écoute des patients, généralement tout se passe bien.
En revanche il est inadmissible, pour reprendre un exemple courant, que la réparation d’un ascenseur nécessaire à la mobilité des malades diminués physiquement mette des semaines voire des mois.
En tout état de cause il semble aujourd’hui établi que des lobbies de l’industrie pharmaceutique sont en train de parasiter le marché du médicament.
Les ordonnances n’arrivent plus à être honorées et les malades chroniques tels que les cancéreux ou les sclérosés sont contraints au parcours du combattant et parfois se tournent vers le circuit informel n’hésitant pas à débourser de fortes sommes d’argent afin de suivre leur traitement.
On a même signalé des ruptures de produits contraceptifs délivrés au compte gouttes.
A qui profitent ces pénuries ? Le réflexe qui consiste à durcir les lois à chaque fois qu’un phénomène illégal se produit ne suffit pas.
Il convient de couvrir et de réguler le marché pour couper l’herbe sous les pieds des trabendistes.
Sur un autre registre, celui de l’imagerie médicale et des analyses cela fait bien longtemps que les malades se sont résignés à s’adresser aux centres et laboratoires privés mieux fournis en matériel d’exploration et réactifs en dépit des tarifs hors normes imposés.
Le budget «santé» au sein des ménages a carrément explosé et comme la santé n’a pas de prix il n’est pas rare que les concernés s’endettent pour se soigner quand d’autres mettent au clou leurs bijoux afin de faire face à la maladie.
Nassim A.

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