Culture

Qu’est-ce que Kimi K3, la nouvelle IA chinoise qui rivalise avec les modèles de pointe américains ?

Kimi K3, la nouvelle IA de la start-up chinoise Moonshot AI, impressionne par ses capacités : elles sont proches des IA américaines les plus avancées, comme Fable 5 et GPT-5.6 Sol

Il y a eu le moment DeepSeek, y aura-t-il celui de Kimi K3 ? Ce nouveau modèle d’intelligence artificielle (IA) a été lancé par la start-up chinoise Moonshot AI, précise Le Figaro. Il impressionne par ses performances qui sont proches de modèles américains de pointe, comme Fable 5 et GPT-5.6 Sol.

Portant un modèle ouvert (téléchargeable et modifiable) et gratuit, les IA chinoises arrivent à bousculer le secteur. De quoi arriver à gêner la façon dont les grands acteurs de l’intelligence artificielle pensent le marché : avec des modèles payants et fermés. Comme DeepSeek en son temps, Kimi K3 remet en cause la stratégie américaine de sevrage technologique : Pékin peut faire aussi bien que les entreprises américaines mieux dotées.

« Fixer la limite haute de la taille des modèles ouverts »

L’IA peut-elle devenir un bien public et plus un produit ? C’est là l’objectif chinois. Vendredi 17 juillet, Xi Jinping reprenait d’ailleurs, dans son premier discours à la Conférence mondiale sur l’IA, rappelle Le Grand Continent, une expression popularisée par DeepSeek : « rendre la cristallisation de la sagesse de l’humanité à l’humanité tout entière ».

Kimi K3 est construit avec 2 800 milliards de variables (critères modifiables). Il s’agit du double du dernier modèle en date chinois le plus performant : DeepSeek V4 Pro (1 600 milliards de variables, sorti en avril). Avec son produit vedette, Moonshot AI assure « fixer la limite haute de la taille des modèles ouverts ».

Côté performances, Kimi K3 rivalise avec Fable 5 d’Anthropic et GPT-5.6 Sol d’OpenAI dans certaines catégories, et arrive même en tête pour ce qui est de la programmation d’applications ou de sites. « Cela va changer fondamentalement la course à l’IA pour toujours », a estimé Alex Finn sur X, le patron de la plateforme d’agents IA Henry Intelligent Machines PBC.

« C’est inquiétant »

Et pour cause : la création de code informatique est pour l’heure l’application principale de l’IA générative. « C’est inquiétant », a précisé David Sacks, conseiller de Donald Trump et ancien référent IA de la Maison Blanche (jusqu’en mars). Selon lui, alors que Pékin prend de la vitesse, « les Etats-Unis se font des nœuds au cerveau ». « Politiciens et bureaucrates interdisent les centres de données, empilent les régulations au niveau des États, et poussent à ce que de nouvelles agences fédérales aient le pouvoir d’autoriser les modèles les plus avancés », fustige-t-il.

Tout n’est pas joué : selon Gavin Baker, de la société d’investissement Atreides Management, Kimi K3 serait, selon les premiers tests, un gros consommateur de puissance de calcul… donc onéreux pour un modèle ouvert. Quant aux géants américains, ils disposent toujours de leurs performants modèles. Toujours est-il que Kimi K3 pourrait bien représenter un jalon pour la puissance chinoise. L’analyste Georges Chen résumait ainsi la passe chinoise dans Le Grand Continent : « La Chine ne suivra personne, ni en matière de technologie ni en matière de normes. Au contraire, la Chine veut montrer la voie au reste du monde et ne laissera personne lui dicter sa conduite ». La course à l’IA est bel et bien toujours lancée.

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