
Depuis quelques années, le pôle urbain de Belgaïd s’est incrusté dans le paysage urbanistique du Grand groupement urbain d’Oran, à la faveur du relogement de milliers de familles occupant des bâtisses précaires implantées dans les principaux quartiers populaires de la capitale de l’Ouest.
Cependant, en dépit des instructions des pouvoirs publics locaux,du wali d’Oran principalement, pour l’éradication du marché informel qui s’érige chaque jour sur l’une des voies de communication assurant la jonction au cinquième périphérique Canastel-El Kerma, les vendeurs ambulants occupent toujours la voirie du matin jusqu’à la tombée de la nuit.
En effet, chaque matin, dès les premières lueurs matinales, les rues sont occupées par une armada de vendeurs en tous genres de produits de première nécessité et de fruits et légumes.
Pourtant, les responsables avaient, semble-t-il, procédé à l’évacuation de ce boulevard, avec la collaboration d’une commission mixte composée d’agents assermentés de l’APC, de la daïra, de la direction du Commerce, de l’association de protection des consommateurs et de la commission de la santé, de l’hygiène et de la protection de l’environnement.
Tout un chacun, aura constaté leur retour en force.
Sauf que cette fois-ci, le retour de l’informel est largement toléré, voire accepté, par les autorités locales.
En toute insouciance, les élus locaux et les services censés combattre ce phénomène laissent faire, encourageant ainsi les adeptes du commerce informel à s’adonner en toute quiétude à leurs activités.
Autrement dit, les marchands de l’informel et les vendeurs à la sauvette sont plus que jamais présents, poursuivant l’obstruction de cette grande artère et provoquant un perpétuel embouteillage.
En effet, ces squatteurs des rues étalent à même le sol leurs diverses marchandises, tous articles confondus (produits de consommation, ustensiles de cuisine, serviettes de bain, verres, nappes, chaussettes…), et ce, en se servant de leurs véhicules et autres étals ou de larges cartons, empêchant ainsi le déplacement des citoyens qui se voient contraints d’avancer dans l’espace réservé aux automobilistes.
Le démantèlement de ce marché informel, qui avait été effectué la saison dernière, n’a pas duré longtemps, pour laisser libre court à l’informel.
Pourtant cette opération a été saluée par les habitants des quartiers avoisinants qui se disaient satisfaits de cette mesure qui avait permis de libérer les venelles de la cité de l’anarchie.
«Le voisinage n’en pouvait plus de cette situation anarchique.
Si certains vendeurs informels sont corrects, d’autres n’hésitent pas à laisser leurs déchets, à la fin de la journée.
S’ajoutent à cela les bruits qui fusent entre vendeurs à la criée qui ne respecte pas la tranquillité de cette cité», déplorent des riverains.
Ce que peut constater aujourd’hui le commun des mortels, c’est qu’Oran semble s’accoutumer au phénomène de l’informel et des protestations sociales qui touchent pourtant directement le cadre de vie des citoyens.
De plus, ces squatteurs de trottoirs, particulièrement au niveau de certaines cités urbaines où sont implantées des commerces de tous genres, sont à l’origine de l’insalubrité des lieux, résultant de l’entassement d’ordures et de détritus le long des ruelles, et ce, au grand dam des passants et plus particulièrement des habitants de ces cités qui ne savent plus quoi faire pour atténuer, un tant soit peu, cette situation.
Notons que les pouvoirs publics doivent toutefois trouver une solution définitive à ces opérations d’éradication de l’informel.
Juste pour rappel, il y a lieu de souligner que, la wilaya d’Oran compte une bonne cinquantaine de marchés couverts de proximité, qui malheureusement, sont désertés.
A vrai dire, plusieurs marchés de proximité réalisés dans le cadre du programme national de résorption du commerce informel ne trouvent toujours pas preneur.
Ces espaces continuent à être boudés.
Du côté des vendeurs informels, l’absence de commodités (manque d’aménagement) et l’éloignement de ces marchés des centres urbains justifient leur refus à rejoindre leurs box.
La commune de Bir El-Djir avait lancé, il y a quelques mois une vaste opération de lutte contre le squat des espaces publics en incitant les commerçants ayant squatté la voie publique à rejoindre leurs box dans les marchés de proximité dans les quartiers de l’USTO, Hai Yasmine et Sidi El- Bachir, mais en vain.
Rayen H


