
L’agglomération oranaise, prise dans l’étau d’une croissance urbaine rapide et de flux pendulaires toujours plus denses, voit son plan de transports urbains arriver à bout de souffle. Consciente des blocages, la Direction des transports de la wilaya a lancé hier un vaste projet d’actualisation.
Si le tramway assure une colonne vertébrale appréciée, le réseau de bus, lui, s’enfonce dans une crise d’organisation qui paralyse les quartiers non desservis par les rames. L’actuel plan de transport, conçu pour désengorger le centre-ville et relier les nouveaux pôles comme Haï Sabah, Bir El Djir ou M’dina El J’dida, repose sur trois modes.
Le tramway d’abord, avec sa ligne unique de plus de 18 km reliant Sidi Maârouf à Es Senia en passant par l’USTO, Dar El Beïda, la place du 1er Novembre, M’dina El J’dida et Boulanger. Viennent ensuite les bus, gérés à la fois par l’Entreprise de transport d’Oran (ETO) et par des opérateurs privés, ainsi que les taxis. Mais sur le terrain, la coexistence des deux flottes de bus tourne souvent à la cacophonie: concurrence féroce sur les lignes lucratives, abandon des zones périphériques, horaires fantaisistes et parc vétuste entraînant pannes et retards chroniques.
Par ailleurs, le plan actuel souffre d’un défaut de lisibilité et d’un désordre qui contraste avec la relative efficacité du tramway, dont la fréquentation ne cesse de croître, mais qui reste limité à un axe unique. Les extensions promises peinent à sortir des cartons alors qu’elles bénéficient pourtant d’un dégel budgétaire du ministère des Finances depuis 2024.
Une extension au nord doit relier la gare routière Hatab à Benarba sur 8,6 km avec douze stations. Deux autres branches en fourche sont également attendues : l’une d’Es Senia vers l’aéroport d’Oran (5 km), l’autre de la station USTO jusqu’à Bir El Djir (16,5 km), soit au total vingt-huit nouvelles stations. Mais à ce jour, aucun chantier n’a démarré. Face à ce constat, la Direction des transports entend sortir de l’impasse par une refonte globale qui ne se contentera pas d’ajouter des lignes sur le papier.
Le projet d’actualisation mise sur une restructuration profonde du réseau bus en imposant un cahier des charges unique aux opérateurs publics et privés, notamment via un système de billettique commune et la création de lignes de rocade évitant le centre-ville saturé. Une digitalisation est également prévue, avec une application mobile donnant les horaires en temps réel et la géolocalisation des véhicules, tandis qu’une centaine de nouveaux bus au gaz naturel devraient être livrés d’ici fin 2025 pour rajeunir la flotte de l’ETO.
Enfin, la Direction mise sur une relance active des travaux des trois extensions du tramway. Fluidifier la circulation ne dépend pas seulement du tramway : c’est tout l’écheveau du bus, souvent délaissé, qu’il faut renouer.
Ilyès. N


