Sports

Sport de boules : la pétanque, un sport qui rassemble les générations

Les terrains aménagés pour la pétanque retrouvent une animation particulière dans plusieurs quartiers d’Alger et de sa périphérie, après la rupture du jeûne et les prières du soir. Des groupes d’habitants convergent vers ces espaces devenus, au fil des années, de véritables lieux de rendez-vous nocturnes.

Sous les projecteurs installés au coeur de plusieurs quartiers populaires, le bruit métallique des boules qui s’entrechoquent résonne dans l’air encore doux de la soirée.
La partie a déjà commencé : des joueurs se penchent, mesurent les distances et discutent chaque tir avec passion.
Autour d’eux, quelques spectateurs suivent attentivement le jeu, commentant les coups les plus précis.
L’ambiance est détendue, mais la concentration est bien présente.
 » Pendant le Ramadan, c’est notre moment », confie Mourad, 50 ans, un habitué du terrain.
« Après toute une journée de jeûne, venir jouer ici nous fait du bien. On se retrouve entre amis, entre voisins. La pétanque, c’est plus qu’un jeu, c’est un rendez- vous. »

Dans plusieurs communes de la capitale, ces terrains spécialement conçus pour la pétanque ne désemplissent pas durant le mois sacré.
Des jeunes, mais aussi des pratiquants plus âgés, s’y retrouvent presque chaque soir pour quelques parties improvisées qui s’étirent parfois jusqu’à une heure avancée de la nuit.
Yacine, 23 ans, lance sa boule avec précision avant de se redresser, sourire aux lèvres.
 » J’ai commencé il y a seulement deux ans », explique- t-il. « Au début, je venais regarder les anciens jouer. Puis ils m’ont proposé d’essayer. Maintenant, je viens presque tous les soirs pendant le Ramadhan. » Pour lui, ces rencontres nocturnes ont aussi une dimension sociale importante.  » On rencontre des gens de tous les âges. Certains travaillent toute la journée, d’autres sont retraités.
Mais sur le terrain, on est tous des joueurs. »

« Ici, il y a de vrais talents »

Assis sur un banc à quelques mètres du terrain, Ahmed, 68 ans, observe la partie avec attention.
Ancien employé communal, il fréquente ces lieux depuis plusieurs décennies.
« Avant, on jouait surtout dans la rue ou sur des terrains improvisés », se souvient-il.
 » Aujourd’hui, avec ces espaces aménagés, c’est plus agréable. Les jeunes viennent davantage, et cela donne envie de continuer à jouer. » Selon lui, le Ramadhan accentue encore cette dynamique.
 » La nuit appartient un peu aux gens pendant ce mois. Après l’iftar, les familles sortent, les cafés se remplissent et les terrains de pétanque deviennent des lieux de rencontre. » Autour du jeu, les conversations vont bon train. Les joueurs plaisantent, se taquinent et analysent les coups ratés ou réussis. Chaque tir précis déclenche des applaudissements ou des exclamations admiratives.
« Regardez ce tir ! » lance Samir, 35 ans, en désignant un joueur qui vient de placer sa boule au plus près du but.
« Ici, il y a de vrais talents. Certains jouent depuis vingt ou trente ans. » Lui-même explique qu’il profite du Ramadhan pour jouer plus souvent.
« En temps normal, avec le travail, ce n’est pas toujours facile. Mais pendant ce mois, on prend le temps de venir le soir. » Peu à peu, de nouveaux joueurs arrivent : certains après un passage au café voisin, d’autres directement après la prière.
Les équipes se forment spontanément et les parties s’enchaînent dans une atmosphère conviviale.
Pour beaucoup d’habitués, ces soirées représentent bien plus qu’un simple moment de détente.
« La pétanque nous rassemble », résume Mourad en ramassant ses boules à la fin d’une manche. « On oublie le stress de la journée, on partage un moment entre voisins.

Bouton retour en haut de la page