
Le Parlement iranien a donné son feu vert à une proposition visant à fermer le stratégique détroit d’Ormuz, selon plusieurs médias iraniens. Toutefois, la mise en œuvre effective de cette mesure reste suspendue à l’approbation finale du plus haut conseil de sécurité du pays.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, représente un point névralgique pour l’économie mondiale. Sa fermeture constituerait un tournant majeur dans l’escalade des tensions régionales.
Le député et haut commandant des Gardiens de la Révolution, Esmail Kowsari, a déclaré dimanche au Club des jeunes journalistes que la fermeture du détroit est « envisagée » et qu’une décision sera prise si la situation l’exige.
Parallèlement, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé depuis Istanbul que les forces armées iraniennes sont en état d’alerte maximale, précisant que « toutes les options sont sur la table » concernant le détroit.
Des rapports publiés ce dimanche indiquent également que le Parlement examinera un possible retrait de l’Iran du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), en réponse aux frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes, notamment à Fordo, Ispahan et Natanz.
Sara Fallahi, députée et membre de la commission de sécurité nationale, a confirmé que la question de la fermeture du détroit figurerait à l’ordre du jour d’une réunion parlementaire spéciale, sans toutefois préciser de calendrier.
Long d’environ 55 kilomètres entre l’Iran et le Sultanat d’Oman, le détroit d’Ormuz est l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde. Plus de 21 millions de barils de pétrole y transitent chaque jour, ainsi qu’un tiers des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié. Face à l’instabilité, certaines compagnies maritimes ont commencé à éviter la zone, provoquant une flambée des primes d’assurance qui ont bondi de plus de 60 %.
Une fermeture du détroit affecterait également l’Iran lui-même, qui dépend de cette voie pour ses exportations de pétrole et ses importations de biens, ainsi que ses principaux alliés économiques, notamment la Chine, qui absorbe plus de 75 % du pétrole iranien exporté.


