
Le cinéma algérien poursuit son ascension sur la scène internationale. Le long métrage « Roqia », premier film de fiction du réalisateur Yanis Koussim, défend les couleurs de l’Algérie à la 7ᵉ édition du Festival international du film d’Amman – Awal Film (AIFF), qui s’achève ce lundi dans la capitale jordanienne.
Retenu dans la compétition officielle des longs métrages de fiction arabes, « Roqia » est en lice pour le prestigieux Prix de l’Iris noir, la plus haute distinction du festival, aux côtés de productions venues notamment du Liban, du Soudan, d’Égypte, d’Irak et de Tunisie.
À travers un thriller psychologique aux accents horrifiques, Yanis Koussim revisite les traumatismes de la décennie noire (1992-2002). Le récit suit Ahmed, un homme devenu amnésique après un accident, confronté à un passé qu’il ne parvient plus à reconstituer, tandis qu’un ancien raqi (guérisseur-exorciste), atteint de la maladie d’Alzheimer, tente de faire face à une mystérieuse menace. Derrière les codes du cinéma d’horreur, le film explore les blessures profondes laissées par les années de violence en Algérie.
Né à Sétif en 1977 et diplômé de La Fémis, Yanis Koussim s’est fait connaître grâce à plusieurs courts métrages, dont « Khouya », récompensé dans plusieurs festivals internationaux, notamment à Locarno et à Amiens. « Roqia », produit par Supernova Films et coproduit avec la France, le Qatar et l’Arabie saoudite, marque son passage au long métrage.
Depuis sa première mondiale à la Mostra de Venise en 2025, dans le cadre de la Semaine internationale de la critique, le film enchaîne les sélections prestigieuses. Il a notamment été présenté aux Journées cinématographiques de Carthage, au Festival international du film de la Mer Rouge et au Muslim International Film Festival, où il a reçu une mention spéciale. Il a également décroché le Grand Prix du long métrage au Festival international du film d’Alger.
Organisée du 26 juillet au 3 août 2026 sous le thème « Au-delà du cadre », la 7ᵉ édition du Festival international du film d’Amman a réuni 82 films issus de 27 pays, tout en mettant à l’honneur le cinéma tunisien. Consacrée aux premières œuvres et aux nouvelles voix du cinéma arabe et international, cette manifestation offre une nouvelle vitrine à « Roqia », qui confirme l’émergence d’un cinéma algérien de genre capable d’allier ambition artistique, mémoire historique et rayonnement international.
✍️ Touaf Ikram


