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Pénurie de produits abrasifs : l’industrie du verre en crise

Une pénurie de bouteilles de verre et de divers pro duits abrasifs est observée à Oran, en raison du manque de matière première sur le marché international qui connaît une flambée sans précédent des prix.

«La filière du verre est sous tension. La matière première nécessaire pour la fabrication de produits abrasifs manque. Le verre devient de plus en plus cher pour les flacons utilisés dans l’agroalimentaire et dans l’industrie pharmaceutique », indique un industriel oranais qui évoque une pénurie. Malgré son expansion, le Groupe public Enava, implanté à Oran, n’arrive pas à satisfaire la demande qui est de plus en plus grande, ces derniers temps. Ce groupe public spécialisé dans l’industrie du verre compte pourtant une filiale appelée Nover, qui a entamé une opération d’exportation de 2 millions d’unités de produit d’emballage en verre destiné au marché nigérien. Cette opération d’export prévoit l’expédition de 2 millions d’unités de produit d’emballage en verre destiné au marché agroalimentaire, par transport routier à Niamey.
Le groupe Enava, relevant du holding Algeria Chemical Specialities (ACS), ambitionne d’accéder davantage le marché africain par une diversité de produits en verre de haute qualité répondant aux normes ainsi qu’aux attentes de ce marché. Malgré ce déploiement d’activités, le marché local du verre est sous tension. Les importateurs de contenants en verre achètent de la matière première en Allemagne, en Italie ou en Pologne.
Les prix sur le marché international ont subi une hausse vertigineuse ces derniers temps. Une crise verrière sans précédent perturbe l’embouteillage des huiles d’olives, mais aussi la fabrication des verres d’optique médicale. Conséquence d’une multiplicité de facteurs, les producteurs mais aussi tout le secteur alimentaire sont touchés par cette pénurie de verre. A un tel point que certains ne peuvent plus aujourd’hui livrer leurs clients. «Certains fabricants ont décidé d’arrêter des lignes de production à cause de la cherté de la matière première. Par conséquent, l’offre s’est réduite», explique un distributeur de bouteilles de verre.
«Les clients qui avaient des difficultés à s’approvisionner, ont commencé à surstocker. Cela a exacerbé le problème. Le secteur est également impacté par des augmentations importantes de prix des matières premières, mais aussi par des problèmes d’approvisionnement des matières qui entrent dans la fabrication du verre, telles que le calcin (verre cassé) et les produits chimiques», poursuit notre interlocuteur.
«Une ligne verrière tourne 24 heures sur 24, on ne peut l’arrêter. Elle produit les références les plus rentables, mais doit à certains moments boucher les trous avec des références vendues pratiquement au coût de production. Quand les prix de production augmentent et que la demande est forte, ces produits non rentables sont éliminés. Aujourd’hui, ces références ne sont plus produites. C’est le cas des références très bas de gamme. Auparavant, les verreries disposaient de stock pour plusieurs mois dans leurs halls, aujourd’hui les stocks sont pratiquement inexistants», souligne-t-il.
«Le secteur verrier n’a pas été incité à investir dans de nouvelles capacités ces dernières années. L’industrie verrière demande des investissements longs et coûteux, mais aussi des compétences, que nous avons perdues, par manque de formation du personnel. Le verre est un métier particulier», ajoute ce distributeur de bouteilles de verre.
Ilyès N

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