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Université Oran 2 : un médecin-chef décroche un doctorat en philosophie sur la douleur

La bibliothèque de la faculté des sciences sociales du Campus Pr Taleb Mourad Selim (ex-IGMO) a accueilli une soutenance de thèse pour le moins inédite. Le Professeur Khaled Layadi, médecin-chef du service de Médecine Physique au CHU d’Oran et président de l’Observatoire du handicap de la réadaptation et de l’éthique en santé (OHRES), y a présenté, avant-hier, son doctorat en philosophie.

Son sujet : «La douleur en médecine contemporaine, entre le subjectif et l’objectif». L’événement est rare : un clinicien chevronné interroge son propre champ d’action à travers les outils de la philosophie. Pour le Pr Layadi, la douleur ne se limite pas à un signal biologique mesurable. Si la médecine sait aujourd’hui décrire les mécanismes nerveux de la douleur, elle reste souvent impuissante à évaluer ce que le patient ressent réellement.

Sa thèse défend une idée originale: la douleur constitue une «expérience multidimensionnelle ». Elle ne doit pas être traitée comme un simple symptôme, mais parfois comme une maladie à part entière. Cette approche change la manière de soigner : on ne répare plus seulement un corps, on accompagne une personne dont la conscience est touchée par la souffrance.

En s’appuyant sur la philosophie de l’esprit et la phénoménologie, le chercheur montre que la douleur interroge directement le lien entre le biologique et l’existentiel. Elle devient un terrain d’expérimentation où philosophes et neuroscientifiques peuvent collaborer au sein des hôpitaux.

Le jury a salué à l’unanimité l’originalité et la profondeur de ce travail, soulignant la double compétence du Pr Layadi. Son parcours permet de mieux comprendre, au-delà des soins, les enjeux éthiques et humains du handicap et de la souffrance.

Ilyès. N

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