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Pour parer au problème des rejets d’eaux usées à Arzew : les habitants de Boutefeha favorables au retour aux fosses septiques

Mis en demeure par les pouvoirs publics qui les somment de ne plus utiliser la canalisation obstruée des eaux usées et pour se reconnecter à leurs anciennes fosses septiques individuelles, les habitants de la localité appelée Boutéfeha située au niveau du littoral et relevant de la commune d’Arzew réclament une réunion en toute urgence avec le P/APC d’Arzew, M. Djilali Belkheir ainsi que l’entreprise SEOR et ce afin de remédier une fois pour toute, au problème du déversement des eaux usées sur la route de la corniche Arzewienne.

En effet, lors d’un entretien téléphonique, l’un des habitants de cette bourgade côtière nous révèle que ses voisins seraient «favorables aux injonctions des services de l’hygiène communale et ceux de l’environnement, leur ordonnant de ne plus user du réseau d’assainissement local et de se reconnecter » à leurs installation d’assainissement individuelles.
Seulement et toujours selon notre interlocuteur, les riverains de Boutéfeha exigent des garanties pour qu’ils ne soient pas lâchés en cours de route: A ce propos, l’un des habitants dira : « si nous entamons le branchement dans nos fosses septiques, les services habilités vont-t-ils les vider périodiquement ? Et d’ajouter: « nous payons la taxe de l’assainissement, et comme nos foyers frôlent le littoral, nous exigeons en contrepartie que la SEOR s’occupe de vidanger les fosses au moment voulu et à chaque fois qu’il le faudrait », insiste-t-il.
Il est vrai que la localité de Boutefeha est située en bordure de mer et qu’il est impossible, voire prohibé de déverser les eaux usées directement dans le milieu marin par le biais d’une canalisation.
Il est primordial dans ce cas là précis d’user de fosses septiques.
Ce procédé ancestrale a toujours existé au niveau du littoral en question, et ce, depuis l’apparition de ce faubourg côtier.
Pour connaître l’opinion des responsables locaux sur ce sujet, nous avons pris attache avec le maire d’Arzew M. Djilali Belkheir qui déclaré: « les eaux usées se déversent sur la voie publique sur la route de la corniche. Les services concernés ont, dans le cadre de leurs prérogatives, mis en demeures les habitants qui usent du réseau d’assainissement obstrué par arrêté municipal. Maintenant, si les résidents locaux veulent se réunir avec la SEOR, je donne mon approbation à cette proposition. Je provoquerai ces « négociations» en temps voulu. Nous pensons que c’est faisable et réalisable. Les habitants y seront informés», assure le premier magistrat de la commune d’Arzew en ajoutant: « de notre côté, nous allons appeler en renfort deux autres camions vidangeur. Ces derniers s’occuperont du nettoyage des fosses septiques suite aux appels des habitants concernés. La commune accompagnera ses administrés et ne les abandonnera en aucun cas».
Soulignons que cette solution n’est qu’une issue de secours, un plan « B» en quelque sorte.
Le remède au problème des rejets des eaux usées réside dans l’édification d’une éventuelle station d’épuration à Arzew.
L’idée avancée en ce sens serait de réaliser un méga projet de station d’épuration des eaux usées, et ce, loin de la mer et plus précisément à El Mohgoun en amont.
Mais pour ce faire, trois stations de relevage des eaux domestiques sont mises en avant dans ce projet, et ce, afin de pousser et remonter les eaux usées du littoral vers l’embouchure de l’Oued El Mohgoun située dans le port commercial d’Arzew près de l’ancien complexe pétrochimique dit «La Camel».
Ces trois stations de relevage seraient installées à Cap Carbon, Boutefeha et Fontaine des Gazelles.
Les pompes pousseront les eaux utilisées pour remonter et vaincre la gravité du littoral Arzewien, avant d’arriver au niveau de la station de relevage centrale qui s’occupera d’orienter en hauteur ces mêmes eaux domestiques vers la grande station d’épuration à El Mohgoun.
Le coût de ce grand projet serait de l’ordre de 1,5 milliards de dinars, selon les actuelles estimations à en croire nos sources.
L’ouvrage hydraulique en question serait conçu pour prendre en charge les eaux usées provenant du grand Arzew où résident quelques 100.000 habitants, soit une capacité volumétrique de 20.000 m3 par jour et une capacité journalière de traitement de 15 000 m3 d’eaux usées selon l’étude en question.
Du moment que cela reste loin des capacités financières de la commune d’Arzew, pourquoi ne pas alors impliquer d’autres intervenants comme l’entreprise portuaire d’Arzew qui affronte le grand problème d’envasement des fonds de son enceinte portuaire avec un rétrécissement des tirants d’eau à cause de la boue et des eaux usées de la ville pétrolière rejetées par l’oued El Mohgoun dans le même port?

Aribi Mokhtar

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