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Visite du Ministre du tourisme à Ain Temouchent Le nombre d’hôteliers en hausse et des tarifs décourageants

M. Mokhtar Didouche, ministre du tourisme et de l’artisanat était hier, Mercredi, l’hôte de la Wilaya d’Ain Temouchent dans le cadre d’une tournée d’inspection et de travail.

Cette visite l’a menée respectivement à Hammam Bou Hadjar, station thermale très réputée, Terga où il a visité le complexe M’heddine et son nouveau centre de Thalassothérapie ainsi qu’à l’hôtel Atlantis et ses installations, au village Dorian Beach situé à quelques encablures, à Bou Zedjar récemment dotée également d’un grand village de vacances et enfin à la plage de Sassel qui vient de relever son standing avec l’inauguration d’un complexe de Bungalows de haute facture.
Au niveau de la maison de l’artisanat du chef lieu de Wilaya le représentant du gouvernement a suivi la lecture d’un exposé sur la situation du secteur dont l’évolution a connu un fructueux bilan grâce à l’implantation de plusieurs infrastructures hôtelières réparties sur le littoral long de 80 kM. Des investissements soutenus par l’État qui a accordé aux promoteurs des aides bancaires accompagnées de mesures fiscales incitatives comme les exonérations d’impôts sur des périodes pouvant atteindre 8 ans susceptibles d’être prolongées en cas d’extension du projet.

Une aubaine pour les promoteurs touristiques qui dans leur majorité essayent par d’autres prêts de faire perdurer ces avantages pour couvrir leurs remboursements en recourant évidemment aux expansions pour retarder au maximum le remboursement intégral.
Cette forme généreuse de financement au lieu d’inciter les nouveaux propriétaires hôteliers à proposer des prix de locations raisonnables à la portée des bourses moyennes leur pousse, hélas, à la surenchère afin d’amortir le plus rapidement possible l’investissement.
Une sorte d’ingratitude envers l’Etat qui n’arrive pas à retenir les touristes nationaux plus enclins à opter pour des destinations internationales moins onéreuses.
Les pays voisins comme la Tunisie ou la Turquie ou encore l’Égypte et son fleuron touristique Charm El Cheikh offrent des séjours plus intéressants comparés aux prix affichés actuellement dans nos structures d’accueil gérées par des convertis au tourisme alléchés par la manne bancaire loin de tout professionnalisme en la matière.
Il n’y a qu’à voir les publications des agences de voyage pour s’en convaincre.
Avec un tarif compris entre 100.000 Da et 220.000 dinars le fonctionnaire algérien moyen peut s’offrir de belles vacances à l’étranger .Sachant que le prix moyen d’une nuitée dans l’un des hôtels du littoral Temouchentois, et certainement ailleurs, varie entre 8500 da et 28.000 da, faites vos comptes sur une durée de 90 jours.
Un juteux créneau à la limite du prohibitif.
Qui peut se permettre, par les temps qui courent et la cherté de la vie, des vacances en pension complète dans l’une des stations balnéaires du littoral.
Les gros salariés ou peut-être les émigrés qui échangent leurs euros au taux de 22,50.
La politique du secteur s’oriente en ce moment vers une sélection de la clientèle fréquentant les ensembles touristiques du pays.
D’autant que les plages sont livrées à la merci des propriétaires de solariums et des parkingeurs.
Le touriste lambda déjà pénalisé par les tarifs excessifs affichés par les complexes hôteliers se voit plumer par une faune de parasites dès son accès à la plage.
Il est temps que ce manège cesse.
Il est aussi temps de libérer les plages de l’emprise des squatteurs et d’interdire la concession ou la location de morceaux de plage aux établissements hôteliers et autres individus.
Un vacancier algérien muni d’une table, d’une chaise et d’un parasol doit avoir la latitude de s’asseoir sur le sable de n’importe quelle plage du territoire sans être dérangé.
Cette saison estivale a révélé de nombreux abus et dépassements.
La recherche à tout prix de gains faciles a ouvert la voie à une pernicieuse privatisation du littoral.
C’est grave.
L’Algérien quelque soit son rang social a le droit de profiter des bienfaits de la nature là où il se trouve.
L’en empêcher c’est porter atteinte à sa liberté de circuler consacrée par la constitution.
Le tourisme ne doit pas être une source de discrimination sociale.
Avec le foisonnement d’hôtels, construits la plupart à l’ombre d’une gestion chaotique du pays, la nécessité de refonder la politique touristique est plus que jamais d’actualité.
La visite du ministre du tourisme et de l’artisanat dans la contrée Temouchentoise est une occasion de remettre les pendules à l’heure.
Saïd M.

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