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Conférence sur le Chahid Debih Abdelkader à Tiaret : « Jusqu’à la dernière cartouche »

Le musée du Moudjahid de Tiaret a abrité une conférence organisée par la direction des Moudjahidine autour de la vie et du parcours du chahid Debih Abdelkader en présence de Khalfa M’barek, secrétaire général national de l’ONEM (Organisation Nationale des Enfants de Moudjahidine), Amar Sakhri, compagnon de lutte du chahid et de moudjahidine.

L’élément central de cette conférence fut l’intervention de l’historien Amar Belkhodja qui a présenté la vie du chahid Debih Abdelkader, son engagement et son courage exceptionnel.
«Né en 1927 à Meghila (anciennement Kerria), près de Tiaret, dans le piémont sud du majestueux Ouarsenis, il est issu d’une famille paysanne de la tribu des Kraiches.
À l’âge de 15 ans, Debih Abdelkader se rendit à Alger où sa détermination se forgea plus solidement.
L’année 1946 marque un tournant dans sa vie lorsqu’il est contraint de répondre à l’appel sous les drapeaux français, contre son gré.
En 1951, il est envoyé en Indochine dans une guerre lointaine qui n’était pas la sienne.
À son retour en Algérie, en octobre 1954, il se fixe à El-Ghomri «Nouvion» jusqu’en 1955.
Profitant d’une permission, il entreprend de rendre visite à ses parents.
Cette visite revêt une signification poignante puisque ce sera la dernière fois qu’il les verra.
Avant de partir, il fait part à son frère de sa conviction : «Je ne te reverrai plus.
J’ai été témoin des atrocités perpétrées par l’armée française dans les douars.
Des enfants, des femmes, des personnes âgées sont tués.
Les ratissages impitoyables réduisent en cendres tout sur leur passage.
Il est grand temps que les choses changent.» À cette époque, le bataillon auquel il appartient est positionné dans la région de Boussaâda.
C’est alors que germe dans l’esprit d’Abdelkader l’idée audacieuse de s’évader.
Ce projet prend forme en février 1956.
Il orchestre une évasion audacieuse, emportant avec lui armes, munitions et bagages.
La stratégie militaire parfaitement assimilée et l’expérience acquise dans les rizières vietnamiennes lui ont été d’une grande utilité dans la préparation et le déroulement de son évasion.
Rejoignant l’Armée de Libération Nationale (ALN) au sud des Aurès, il a contribué à former une zone tampon entre plusieurs wilayas.
Sous l’égide de cette organisation, il a assumé la responsabilité de la zone 3 et a collaboré étroitement avec de grands officiers de l’ALN tels que les colonels Ali Mellah, Si Haoues et Amirouche.
Debih Abdelkader a entretenu des contacts étroits et constants avec des figures influentes de la lutte pour l’indépendance, dont Hadj Lakhdar, Brahim Kabouya et Mekki Hihi.
Après le congrès de la Soummam, le 20 août 1956, il accompagna le colonel Si Haoues pour rencontrer le colonel Amirouche et Hadj Lakhdar afin de s’enquérir des directives du congrès dans la wilaya VI.
Assistaient à cette réunion, Saïd Benchaib, Amar Sakhri, Khaled Mihoub, Mohamed Adouara et Lakhdar Zine.
C’est dans un accrochage près de Djebel Nessafa à quelques kilomètres de Boussaâda que Debih trouva la mort, les armes à la main avec d’autres compagnons le 22 novembre 1960.

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