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Youcef Dris invité de la bibliothèque Sophia pour évoquer l’enfance abandonnée : la quête d’une identité et de racines en débat

«L’un des droits les plus précieux de l’enfant c’est d’avoir une maison et une famille pour s’occuper de lui afin d’être aimé, protégé, soigné, éduqué et scolarisé. Les parents adoptifs lui assurent un ancrage trans- générationnel entre le passé et le futur, ainsi qu’un sentiment d’appartenance à un corps familial». Et c’est cette recherche du sentiment d’appartenance à un corps familial, un ancrage que Youcef Dris a si bien décrit dans son oeuvre l’ombre de mon ombre » avec ses larmes, ses espoirs, et ses renoncements.

L’auteur affirmera que le phénomène des enfants abandonnés ne cesse de croitre en Algérie.
Il ne se veut pas moralisateur ou donneur de leçons, mais c’est d’un triste constat qu’il fait état dans son oeuvre, lui qui a oeuvré durant plus de cinq ans dans l’Association Algérienne Enfance et Familles d’Accueil ((AAEFAB), en aidant des femmes et des enfants à trouver un ancrage social qui leur permet de trouver la paix intérieure et surtout des réponses sur leurs origines, leur identité pour mieux appréhender leur avenir.
Il dira dans ce sens que ces enfants qui naissent en majorité dans des hôpitaux sont désignés par un matricule avant d’être placés dans des pouponnières puis des cités d’enfance.
De jeunes femmes séduites, mises enceinte et délaissées, victimes de viol ou d’incestes n’ont parfois pas de choix, douloureux, que d’abandonner leur enfant.
Dans sa conférence, Youcef Dris affirmera que la question cruciale des origines se pose pour ces enfants devenus adultes.
Certains, même devenus parents et grands-parents, se posent cette question et affirment qu’elle les hante au quotidien.
Qui suis-je, pourquoi m’a-t-on abandonné ? C’est la douleur de cet abandon qu’il a évoqué dans son roman « l’Ombre de mon ombre » et qu’il a su si bien décrire par des mots simples et surtout justes qui sont autant de moyens pour soigner les maux qui taraudent les esprits de ces victimes de la société.
« Mon roman +L’ombre de mon ombre+ est inspiré d’une histoire vraie, celle d’une jeune femme qui apprend tardivement qu’elle était adoptée.
Complètement brisée elle part à la quête de ses parents biologique, mais va faire face à une bureaucratie usante qui ruinera tous ses espoirs de découvrir ses vrais origines », dira Youcef Dris.
A noter que dans le cadre de son programme, la bibliothèque Sophia d’Oran prévoit d’organiser demain la projection d’un film de M. Nacereddine Taibi, de l’Université de Mostaganem, qui traitera de la pollution aux microplastiques du littoral algérien.
Nassim B.

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